TABLE DES MATIERES

1 DEFINITION ET CONTEXTE DES ETUDES 2

1.1 INTRODUCTION - ANTECEDENTS 2

1.2 TERMES DE REFERENCES DE L'ETUDE 5

1.3 GROUPE DE TRAVAIL - METHODOLOGIE 10

2 RESULTATS DES ETUDES 16

2.1 DIAGNOSTIC - ETAT DES LIEUX 16

2.2 RECOMMANDATIONS 35

2.3 DIFFICULTES POSSIBLES - DEPENDANCES -POINTS DE NEGOCIATION 49

2.4 PLAN DE DEVELOPPEMENT 50

2.5 CONSIDERATIONS BUDGETAIRES 53

3 DEFINITION DU PROJET 57

3.1 DEFINITION GENERALE 57

3.2 OBJECTIFS REGIONAUX 58

3.3 OBJECTIFS DE LA CEE 59

3.4 STRATEGIE GLOBALE PROPOSEE 59

4 OBJECTIFS GENERAUX DU PROJET 64

4.1 IMMEDIATS 64

4.2 COURT TERME 65

4.3 MOYEN TERME 66

4.4 LONG TERME 66

5 FAISABILITES DES ACTIONS PROPOSEES 67

5.1 RETOMBEES ECONOMIQUES 67

5.2 LES DIFFERENTES SOLUTIONS AVEC EVALUATIONS 68

1 DEFINITION ET CONTEXTE DES ETUDES

1.1 INTRODUCTION - ANTECEDENTS

Ce document regroupe et fusionne les résultats des études à propos du projet de réseau télématique pour la recherche pour l'Amérique Latine et les Caraïbes (projet REDALC) qui ont fait l'objet de deux contrats proposés, par la Commission des Communautés Européennes, à l'Union Latine, à savoir:

-Contrat avec la DG1, du 12/6/90, " Etude de faisabilité REDALC";

-Avenant au contrat précédent, du 24/4/91, demandé par la DG13, "Etude Argentine et VSAT dans le cadre de l'étude REDALC".

Note sur les partenaire dans l'étude:

Pendant le déroulement de l'étude, en juillet 1991, un nouveau partenaire, l'UNESCO, s'est associé au projet.

L'Unesco a pris en charge, en application d'un contrat spécifique avec la CEE, les points E1 et E4 des annexes techniques du contrat principal (voir ci-après). Ces points concernent plus particulièrement la partie "contenu" du projet de réseau REDALC. La participation de l'Unesco et de son partenaire l'ACAL (Academia de Ciencias de America Latina) à l'atelier REDALC, organisé à Saint-Domingue, en juillet 1991, a permis d'établir une modalité opérationnelle cohérente entre les partenaires de l'étude. Des rencontres fréquentes et une communication permanente ont ensuite permis aux partenaires de maintenir la cohérence et l'homogénéité des différentes études qui, ensembles, représentent l'étude de faisabilité du projet REDALC.

Le résultat des études conduites par l'Unesco est exposé dans un document séparé, produit par l'Unesco et ses propres partenaires.

Note à propos des relations entre les partenaires:

La qualité exceptionnelle des relations professionnelles et institutionnelles qui a été obtenue entre les trois partenaires principaux (la Communauté Européenne, l'Unesco et l'Union Latine) mérite une mention spéciale dans le rapport final.

En effet, les bons rapports établis ont permis de surmonter les problèmes d'organisation occasionnés par l'association tardive d'un nouveau partenaire dans une étude déjà bien avancée. D'autre part, en l'absence de convention préalable entre les institutions en présence, l'Union Latine et l'Unesco ont accepté, chacune de leur côté, le même cadre juridique que celui proposé, par la Commission, à ses prestataires de services. L'inadéquation de ce cadre juridique avec leur caractère respectif d'Organisme International n'a pas représenté d'obstacle majeur pendant le déroulement des études. Bien au contraire, le mode de travail a été caractérisé par une absence de bureaucratie excessive, un rythme extrêmement soutenu, une motivation et un esprit de groupe exceptionnels.

Le responsable scientifique de l'étude, Monsieur Daniel Pimienta, auteur de ce document, tient à rendre hommage aux qualités de professionnalisme et de souplesse intellectuelle de ses partenaires dans l'étude:

Monsieur Jean Pierre Lebrun, de la DG13

Monsieur José Silvio, du CRESALC de l'Unesco.

Leur contribution à l'état d'esprit de dynamisme qui s'est créé pour ces études a été notable. Cela a permis de cimenter le groupe de travail vers un objectif commun, au delà des questions administratives et/ou d'appartenance à un Organisme International. Cet état d'esprit d'efficacité et de cohésion pour la réalisation d'un projet commun a été ressenti par les différents partenaires, leurs personnels, leurs consultants et, probablement, une partie des personnes contactées dans le courant des études.

Ces mentions ne sont pas faites au titre des traditionnels remerciements d'usage, mais parce qu'il s'agit d'éléments qui peuvent concerner les décisions politiques sur le futur de ce projet. Aussi bien l'Union Latine (créateur du projet REDALC) que l'Unesco (responsable pour de nombreuses actions dans la région dans le domaine de l'éducation, la science et la technologie) ont des intérêts propres à défendre dans la région. L'expérience des études a démontré que la conjonction des perspectives des trois Organisations n'était pas un obstacle à la réalisation d'un projet commun dans la région Amérique Latine et Caraïbes; bien au contraire, les études ont bénéficié d'effets de synergie de par cette situation.

Note à propos des opérations menées en marge des études:

En dehors du cadre juridique des contrats établis avec la CEE, mais en parfaite synergie avec le projet global de réseau REDALC, l'Union Latine a conduit un certain nombre d'opérations qui concernent les réseaux de la recherche en Amérique Latine:

-La réalisation d'une étude d'intégration du projet REDALC aux Antilles Françaises.

-La coordination de la conférence électronique permanente REDALC (@FRMOP11.EARN).

-La réalisation d'un logiciel prototype multi-lingue d'interface aux réseaux (MULBRI, Messagerie de l'Union Latine au Bénéfice des Réseaux d'Information).

-L'élaboration d'une méthodologie appropriée pour la création de réseaux pour la recherche dans les pays en développement (Méthodologie REDALC).

-La contribution à la création du réseau péruvien pour la recherche (RCP, Red Cientifica Peruana).

-La coordination générale de la création du réseau dominicain pour la recherche, (REDID, Red Dominicana de Intercambio para el Desarrollo). Cette opération a été effectuée avec la coopération du CRESALC de l'Unesco.

-La coordination d'un premier atelier régional consacré à la formation des utilisateurs des réseaux télématiques pour la recherche. Cette opération, réalisée dans le cadre de la création du réseau dominicain, a été préparée par le CRESALC de l'Unesco. L'Union Latine a servi, avec l'association REDID, de contrepartie nationale à son organisation.

Ces actions ont été utilisées comme prototypes pour de nombreux concepts élaborés pendant ou avant les études, et elles ont donc permis de valider de nombreux résultats des études REDALC. Etant donné leur fort caractère de complémentarité avec le contenu des études demandées par la Communauté, l'Union Latine a décidé d'apporter une valeur ajoutée au document présent en y intégrant le résultat de ces opérations.

Le contexte particulier du projet REDALC (exposé précédemment) justifie cette approche peu traditionnelle où les résultats d'une étude dépassent le cadre des termes de référence du contrat.

Note à propos des pays de l'étude:

Après introduction de l'avenant au contrat, la liste des huit pays concernés par l'étude inclut: l'Argentine, le Brésil, Haïti, le Mexique, le Pérou, la République Dominicaine, l'Uruguay et le Venezuela. Des données concernant les réseaux dans les autres pays de la région ont également été collectées pour compléter le panorama. Il est clair que l'appartenance à cette liste n'implique aucun caractère obligatoire de participation aux éventuelles phases ultérieures du projet REDALC.

1.2 TERMES DE REFERENCES DE L'ETUDE

AVERTISSEMENT: Les deux chapitres qui suivent sont la reproduction exacte des termes de références des contrats passés par la Commission des Communautés Européennes à l'Union Latine.

1 TERMES DE REFERENCE DU CONTRAT PRINCIPAL

1.1 EXPOSE DES MOTIFS

La région Amérique Latine et Caraïbes souffre d'isolement dans les échanges et dans l'accès aux données scientifiques et techniques. Conjugué avec la crise économique croissante, cet état de fait affaiblit les structures de la recherche, déjà insuffisantes dans la plupart des pays de la région. Pourtant, le développement économique des pays et de la région ne pourra assurer ses fondements sans un perfectionnement des méthodes et des domaines de la recherche.

Les initiatives en cours visant à une meilleure intégration régionale dans le domaine de la recherche butent systématiquement sur la faiblesse des possibilités des moyens de communication, et de manière plus spécifique sur l'inexistence d'un réseau de télécommunications régional adapté aux besoins de la recherche.

Le développement des réseaux de transmission de données se poursuit dans la région sans qu'une politique d'ensemble n'ait été mise en place. Le cas particulier de la recherche n'a pas été pris en compte, à l'opposé de ce qui a été fait dans les pays européens. Eu égard à l'expérience acquise dans les domaines concernés, la Communauté peut offrir à cette région du monde l'opportunité de développement de ce type de réseau en y intégrant toutes les disciplines visées: banques et bases de données, télécommunications, standardisation, etc.

La Communauté a, dans le domaine des nouvelles technologies, des intérêts évidents à défendre et à représenter dans cette région du monde.

1.2 LES OBJECTIFS DU PROJET (*)

REDALC est un réseau de transport d'information destiné à intégrer la communauté des chercheurs (universités et/ou centres de recherche) d'Amérique Latine et des Caraïbes.

Cet outil devrait permettre à cette communauté scientifique d'être désenclavée et de participer harmonieusement aux échanges des informations scientifique et technique au niveau mondial.

Ce projet a également pour objectif à court terme de canaliser, à l'intérieur d'un cadre régional, les nombreuses initiatives existantes dans le domaine d'intersection de la recherche et des télécommunications. REDALC prévoit un plan d'intégration régional où ces initiatives pourront s'insérer de manière structurée.

A long terme, le projet a pour objectif d'augmenter le volume des échanges d'information entre la Communauté et cette région. La définition et la mise en oeuvre des standards internationaux de télécommunications permettra à la Communauté européenne de participer activement au développement du marché des services télématiques.

(*) REDALC est défini comme un réseau dédié à la communauté scientifique. Ultérieurement ce réseau pourra être étendu à d'autres communautés.

1.3 PAYS CONCERNES PAR LE PROJET

La vocation de REDALC est de toucher l'ensemble des pays de la région. Il est prévu que REDALC associera, dans sa phase de réalisation initiale, un minimum de cinq Etats, choisis de manière a créer une dynamique.

Pour l'étude de faisabilité, un échantillon homogène et représentatif des régions des Caraïbes, de l'Amérique Centrale, du Pacte Andin et de l'Amérique du Sud est considéré: Brésil, Haïti et République Dominicaine, Mexique, Pérou, Uruguay, Venezuela.

1.4 ETUDES PRELIMINAIRES EXISTANTES

L'Union Latine a exécuté des études préliminaires à objectifs limités visant à mettre en évidence le rôle charnière que pourraient jouer les Antilles françaises d'une part, et l'île d'Hispaniola, d'autre part, pour la mise en place du réseau REDALC.

Ces études préliminaires constituent une bonne base de travail pour l'étude de faisabilité envisagée.

1.5 ANNEXES TECHNIQUES: OBJECTIFS

Les objectifs de l'étude sont divisés en quatre parties qui correspondent aux phases principales de l'étude. Chacune de ces phases sera conclue par un point de contrôle qui pourra éventuellement redéfinir les objectifs ou le contenu des phases ultérieures.

PARTIE 1: Vérifier la faisabilité du projet,

en ce qui concerne les aspects suivants:

-existence d'une infrastructure de qualité suffisante en terme de recherche et télécommunications pour envisager la constitution du réseau;

-possibilité économique d'établissement d'un réseau de transmission inter-régional;

-existence d'interlocuteurs (ou combinaisons d'interlocuteurs) en mesure de gérer le réseau au niveau national;

PARTIE 2: Identifier les solutions techniques possibles:

-pour l'ensemble des pays concernés, individuellement et globalement, déterminer une structure organisationelle qui assure le bon fonctionnement et la pérennité des investissements à réaliser, et qui garantisse la cohésion du réseau au niveau régional;

-élaborer des solutions qui aboutissent à la constitution d'un réseau de transport architecturé selon les normes OSI de l'ISO, qui comporte les fonctionnalités nécessaires pour la recherche, et qui présente un accès facile aux chercheurs. Ces solutions doivent prévoir, dès le début de l'existence du réseau, la création de passerelles avec les réseaux internationaux homologues;

-identifier un ensemble d'applications pilotes, à mettre en oeuvre en même temps que le réseau, favorisant l'intégration régionale des chercheurs et encourageant la coopération entre l'Amérique Latine et l'Europe;

-établir un plan d'intégration régionale pour tout ce qui concerne les réseaux d'information ou les bases de données en relation avec les chercheurs de la région.

PARTIE 3: CHOISIR LA SOLUTION TECHNIQUE ET DEFINIR LE SCHEMA DIRECTEUR

-Etablir les choix, en ce qui concerne, l'architecture du réseau, la structure organisationelle et les applications pilotes;

-pour l'ensemble des pays concernés, individuellement et globalement, établir un schéma directeur du projet.

PARTIE 4: ETABLIR LA CHRONOLOGIE, L'ECHEANCIER ET L'ANALYSE FINANCIERE DU PROJET

1.6 ANNEXES TECHNIQUES: TACHES

E1-Etat de la recherche

Elaboration d'un diagnostic sur l'état de la recherche dans chaque pays, inventaire de l'existant (chercheurs et moyens de recherche, en particulier les bases de données documentaires), identification des facteurs inhibants ou moteurs et des perspectives d'évolution.

E2-Etat de l'informatique et des télécommunications.

Diagnostic sur le contexte général de l'informatique (en particulier les moyens à la disposition des centres de recherche) et des télécommunications (en particulier en ce qui concerne les réseaux de données et les satellites) dans chacun des pays. Recensement des ressources susceptibles d'être mises à la disposition du réseau.

Inventaire de l'existant, identification des facteurs inhibants ou moteurs, et des perspectives d'évolution. Identification des ressources complémentaires nécessaires à l'exécution du projet.

E3-Détermination de la structure organisationelle.

Détermination, en fonction des résultats de E1 et E2, des structures organisationelles nationales et régionales les plus adéquates pour assurer la gestion du réseau. Identification des partenaires et élaboration de propositions de partenariat. Identification des contreparties budgétaires nationales.

E4-Elaboration d'un plan d'intégration régional

Identification des projets existants, ou en cours d'élaboration, de bases de données ou de réseaux d'information qui comportent les caractéristiques (intégration régionale et intérêt général) justifiant leur incorporation au projet en tant qu'applications pilotes. Sélection d'un sous-ensemble destiné à être mis en oeuvre lors de la réalisation du projet. Contacts avec les partenaires et élaboration de propositions de partenariat, définitions des études techniques d'incorporation nécessaires et des modalités à mettre en oeuvre.

Recensement des projets similaires ou connexes existants ou en instance. Définition d'un plan régional cohérent pour l'insertion de ces projets.

E5-Etudes techniques d'architecture de réseau.

Inventaire des réseaux de la recherche existants et analyse critique (en particulier sur le plan des fonctionnalités, de l'hétérogénéité du matériel, et des interfaces utilisateurs).

Identification des besoins génériques des chercheurs en terme de fonctionnalités réseaux. Identification des besoins et des priorités spécifiques aux pays de la région concernée.

Elaboration d'un état de l'art sur les produits conformes aux normes OSI, analyse critique.

Evaluation de l'impact technique et financier de l'introduction du modèle OSI dans l'architecture du réseau.

Elaboration de solutions techniques possibles pour l'architecture du réseau, prenant en compte l'ensemble des paramètres dégagés par l'étude.

E6-Elaboration d'un schéma directeur pour l'implémentation du projet.

Intégration des résultats des études antérieures, conception du projet, évaluation financière, échéancier, documentation, etc...

Définition et implémentation d'un prototype opérationnel représentatif de la future architecture du système.

2 TERMES DE REFERENCE DE L'AVENANT A L'ETUDE: ARGENTINE/ VSAT

2.1 EXPOSE DES MOTIFS

Une étude pour la création d'un réseau pour la recherche dans la région Amérique Latine et Caraïbes est conduite avec le financement de la DG1 et sous le contrôle technique de la DG13 (projet REDALC). Lors d'une réunion de coordination à Bruxelles il a été décidé d'apporter un avenant au contrat en cours pour y intégrer l'Argentine, sur le plan géographique, et la considération de la technologie VSAT, sur le plan technique.

En effet, la Communauté Européenne a signé avec l'Argentine le 8 octobre 1990 un accord cadre de coopération économique et commerciale qui apporte la base légale nécessaire pour l'intégration de l'Argentine dans la liste des pays de l'étude REDALC. De plus, l'étude sur l'Argentine devrait tenir compte du nouveau système de communication par satellite IMPSAT, susceptible d'offrir une alternative pour les réseaux existants ou à venir.

D'autre part, la phase de diagnostic a révélé dans certains pays, principalement, au Mexique et au Brésil, une situation des télécommunications qui présente, d'une part, des difficultés sur le plan de l'accès aux réseaux X25, et, d'autre part, une grande dispersion géographique des utilisateurs finaux. Cela conduit à envisager la technologie VSAT comme une technologie d'appoint aux solutions principales.

La Communauté a, par ailleurs, dans le domaine de cette nouvelle technologie, besoin de faire le bilan des marchés et de ses possibilités de les satisfaire.

2.2 OBJECTIFS DE L'AVENANT A L'ETUDE

PARTIE 1: Introduction de l'Argentine dans l'étude REDALC. Les objectifs de l'étude pour cette partie sont exactement définis dans le contrat de l'étude REDALC.

PARTIE 2: Evaluer techniquement la technologie VSAT comme une alternative complémentaire au développement du réseau REDALC.

PARTIE 3: Faire un bilan de la présence européenne dans la région sur le marché des VSAT.

PARTIE 4: Intégrer les résultats des 3 parties précédentes dans l'étude REDALC.

2.3 TACHES

PARTIE 1: Le contenu de l'étude pour cette partie est exactement défini dans le contrat de l'étude REDALC.

PARTIE 2: Identification des alternatives actuelles et à venir permettant l'utilisation de la technologie VSAT dans le cadre d'un réseau régional pour la recherche. Sélection des critères techniques ou légaux à respecter pour une implémentation basée sur VSAT. Elaboration des solutions d'implémentation d'un réseau à base de VSAT. Evaluation comparative des différentes solutions et sélection de la plus convenable.

PARTIE 3: Identification des vendeurs européens en technologie VSAT. Evaluation du marché régional. Evaluation de la présence européenne sur ce marché.

PARTIE 4: Se référer à l'étude REDALC.

1.3 GROUPE DE TRAVAIL - METHODOLOGIE

1 GROUPE DE TRAVAIL

Un groupe de travail a été mis en place comprenant un bureau central de coordination en Amérique Latine, un bureau européen, à Paris, et des antennes nationales. Des consultants ont été sollicités pour des tâches spécifiques. La coordination de ce groupe dispersé s'est effectuée en utilisant systématiquement les services de courrier électronique (de préférence, ceux offerts par les réseaux de la recherche existants, sinon des réseaux commerciaux).

Bureau de coordination REDALC en République Dominicaine:

Bureau Union Latina/REDALC

Benigno Felomino Rojas, #265

Cuidad Universitaria

Saint-Domingue

Boite Postale locale: APTDO 2972

Boite Postale aux Etats Unis:

POBI N°10248-X 7907 NW 53rd St Miami FL33166

Téléphones: 1 809 689 4973/ 535 6614

Fax: 1 809 535 6614

Télex: 346-0741

Ce bureau centralise toute la correspondance et les documents en relation avec l'étude. Cinq personnes à temps complet y sont employées:

-Pimienta Daniel, coordinateur de l'étude, directeur du bureau REDALC;

-Milva Lee, assistante administrative;

-Cristian Matias, assistant technique;

-une secrétaire et un messager.

Le bureau dispose des équipements suivants:

-une installation informatique comprenant un IBM PS/2 modèle 60, une imprimante, un système de protection électrique et un dispositif de génération électrique de secours utilisant des batteries avec un inverseur 24V/110V;

-trois lignes téléphoniques, dont une dédiée à la communication de données (fax électronique ou réseau);

-une adresse électronique dans EARN: "ULAT-RD@FRMOP11", et, après la création du réseau dominicain une adresse électronique nationale: "ULRD!REDALC@REDID.ORG.DO";

Il est à noter que l'accès au noeud EARN (situé au CNUSC, à Montpellier) est effectué, via Transpac, à partir d'un accès international à TELENET.

-Le fax et le télex du Siège de l'Union Latine sont à la disposition du bureau REDALC.

Le coordinateur de l'étude dispose de deux ordinateurs portables (Toshiba 1600 et Tandon NB/386sx) munis de modems et d'une imprimante portative (Canon BJ-10ex). Il utilise une adresse électronique dans EARN: "ULAT-DP@FRMOP11", et, depuis le lancement du réseau dominicain, en avril 1992, une adresse électronique nationale: "PIMIENTA!DANIEL@REDID.ORG.DO".

Le coordinateur s'est efforcé de se connecter au noeud EARN pendant tous ses déplacements, de façon à pouvoir continuer à coordonner son équipe et à expérimenter les possibilités de réseaux dans chaque pays.

Bureau de coordination REDALC en Europe:

Union Latine/REDALC

14, Bd. Arago, 75013 Paris

téléphone: 1 43 36 14 14

Assistante générale du projet: Sylvia Quenan Fernandez

Avec le concours fréquent du directeur administratif de l'Union Latine, Jean Charles Dévé, et de toute l'équipe du 2ème Programme de l'Union Latine, sous la direction de Daniel Prado.

Correspondants régionaux permanents:

Coordinateur Adjoint à temps complet (jusqu'en février 1992) et correspondant Argentine, Uruguay et Pérou: José Soriano.

A noter que José Soriano a quitté l'Union Latine, en février 1992, pour se consacrer à la gérance du réseau péruvien après avoir joué un rôle central, sous mandat de l'Union Latine, et à l'intérieur du cadre méthodologique REDALC, dans sa création. Les missions pour la création du réseau péruvien ont été financées par l'Union Latine en dehors du budget de la présente étude.

Correspondant pour l'ensemble de la région et en particulier pour le Venezuela: Pablo Liendo, sous contrat à temps partiel. Médecin devenu spécialiste des réseaux avec une vision aiguë vers l'utilisateur final.

Correspondant régionaux sous contrats ponctuels:

Correspondante Brésil: Maria del Carmen de Carvalho, responsable de la coopération internationale à l'IBICT, documentaliste.

Correspondant Pérou: Carlos Saldarriaga, responsable de l'informatique d'une ONG travaillant sur les droits de l'homme.

Correspondant Mexique: Adolfo Dunayevich, consultant en télématique et acteur national pour la création de réseau pour ONGs.

Consultants sur missions ponctuelles:

Marc Boisseau, ingénieur télécommunications, auteur de nombreux ouvrages, en particulier sur la technologie satellite: responsable des études satellites.

Didier Dupuy D'Angeac, consultant en informatique et télécommunications: étude des interfaces utilisateurs.

Patrick Despierres, documentaliste (à mi-temps pendant un an): élaboration d'une base documentaire sur les thèmes abordés.

Michel Jorda, spécialiste réseau et médecin: étude des fonctions avancées dans les réseaux existants.

Jean Marie Burgaud, consultant en économie: étude sur Haïti.

Senaïda Jansen, consultante: coordinateur adjoint dans la phase finale.

Soutien technique et administratif

Le Siège de l'Union Latine à Saint-Domingue et les bureaux de l'Union Latine des pays visités ont été mis à contribution lors des missions sur le terrain.

Note sur le choix des consultants:

Il a été décidé, pour des raisons de déontologie, d'éviter d'employer sous contrat rémunéré des personnes jouant un rôle institutionnel ou opérationnel en relation avec les réseaux existants dans la région.

2 METHODOLOGIE DE TRAVAIL.

Chaque participant à l'étude possède une adresse de courrier électronique dans un réseau pour la recherche ou dans un réseau commercial ou privé. La cohésion du groupe a été assurée par le courrier électronique. En particulier, une conférence électronique privée a été ouverte pour faciliter les échanges internes d'information (REDUL@FRMOP11). De plus, la conférence électronique REDALC, créée par l'Union Latine en 1988, a été utilisée pour collecter l'information existante sur la région et permettre la veille technologique (REDALC@FRMOP11).

Ce mode de travail a été choisi pour trois raisons complémentaires:

-Budgétaire: le courrier électronique est le moyen le plus économique pour coordonner efficacement, c'est à dire avec des interactions quasi quotidiennes, un groupe tellement dispersé.

-Méthodologique: seul le courrier électronique permet de gérer du personnel à distance tout en gardant une mémoire utilisable des échanges. L'ensemble des communications archivées a été réutilisé au moment de la rédaction de ce rapport.

-Expérimentale: le groupe d'étude se met dans la situation préconisée pour la population cible. L'utilisation des réseaux existants a procuré un apprentissage inégalable (bien que souvent douloureux!) des qualités et défauts des réseaux existants et de leur condition d'utilisation dans le contexte latino-américain.

La quantité de courriers électroniques échangés pendant les deux ans d'études est évaluée à plus de 3000 notes, dont 40% internes au groupe REDALC.

Note sur la conférence REDALC:

Cette tribune a été utilisée pendant la durée des études pour diffuser vers les bâtisseurs, administrateurs et utilisateurs de réseaux des éléments de vision à plus long terme et des conseils méthodologiques pour la conduite de leurs projets respectifs. Ce dispositif a été adopté en raison du contraste entre la durée des études et la rapidité des évolutions dans ce domaine de technologie avancée. Cette diffusion contrôlée et mesurée d'information a permis, sans dévoiler les résultats techniques des études, d'éviter le décrochage avec la réalité et avec les changements de la situation sur le terrain. Il faut signaler à ce propos que la conférence REDALC est progressivement devenue un élément de référence régional sur le thème des réseaux.

En règle générale, un voyage, au moins, a été effectué par le coordinateur, dans chacun des huit pays de l'étude, pour apprécier la réalité sur le terrain. Ensuite, le responsable des études s'est efforcé de réduire le nombre et la durée des déplacements, de façon à respecter les délais prévus. Les correspondants nationaux et régionaux ont maintenu le contact entre les contreparties nationales et la coordination.

Atelier REDALC.

Un élément clef du processus de l'étude a été la tenue, à Saint Domingue, d'un atelier de travail, entre le 15 et le 25 juillet 1991. Cet atelier a réuni pratiquement l'ensemble des personnes participant aux études de l'Union Latine (personnel, correspondants, consultants), les partenaires (UNESCO et ACAL), ainsi que des acteurs régionaux du monde des réseaux. Des sessions de travail intenses ont été organisées sur chacun des points de l'étude. Effectué au momeent où la stratégie du projet était sur le point de se formaliser, cet atelier a été un investissement de temps et de budget extrêmement productif, puisque tous les objectifs ont été atteints ou dépassés:

a) Renforcer l'esprit de groupe dans l'équipe de travail. Il faut noter que la grande majorité des personnes de l'équipe ne se connaissait qu'à travers le coordinateur général ou par l'échange de courriers électroniques.

b) Intégrer les nouveaux partenaires (UNESCO et ACAL). C'est probablement le résultat le plus spectaculaire de cet atelier. Les nouveaux partenaires ont su monter dans un train en marche très rapide et s'intégrer au mieux dans la dynamique et le style particulier des études REDALC. Au préalable au déroulement de cet atelier, un "gentleman agreement" a été mis au point entre Messieurs G. Romerio de l'Unesco/PGI et D. Pimienta, de l'Union Latine, déterminant, d'un commun accord, les modalités de coordination entre les deux partenaires des études REDALC. C'est dans ce cadre que Monsieur J. Silvio de l'Unesco/Cresalc a été présenté comme le coordinateur des études conduites par l'Unesco.

c) Confronter les idées pour tester l'état de l'étude. Une symbiose parfaite s'est produite et le mélange des profils et des compétences a provoqué un état de remue-méninge permanent pendant les 10 jours de l'atelier. Les résultats des différents groupe de travail sont consignés dans un document extrêmement dense présenté en annexe 5.2.

d) Recevoir les influences des autres initiatives en cours dans la région et tâcher de donner un contenu concret au concept d'intégration régionale. C'est la seule déception de l'atelier, puisque seule une minorité des invités régionaux sont finalement venus (Argentine et Porto Rico). Cependant, il est certain que le projet, vu son état relatif d'avancement para rapport au contexte régional, a, finalement, plus apporté que reçu une influence sur le plan des idées.

Note méthodologique générale:

Le contenu méthodologique de l'étude, aussi bien que certains éléments de type "principes d'ordre général" ont été distillés vers l'extérieur de manière à entamer un processus de transfert de technologie. En addition à la conférence REDALC, cette démarche informative a été effectuée dans diverses conférences régionales ou mondiales:

-la conférence mondiale sur les réseaux (INET91), à Copenhague, en juin 1991 (voir rapport de mission en annexe 2.3);

-le premier atelier régional sur les réseaux de Rio de Janeiro, en octobre 1991 (voir rapport de mission en annexe 2.4);

-la conférence internationale de O.U.I., à Saint-Domingue, en septembre 1991, (conférence générale de l'Organisation des Universités Inter-américaines, et réunion internationale du CREAD, centre régional de l'éducation à distance),

-la réunion du GULERPE, à Caracas, en février 1992, dispositif qui permet la rencontre d'un groupe d'universitaires de la région travaillant sur la réforme de l'éducation supérieure.

De plus un certain nombre de publications ont été faites pendant la durée de l'étude, avec le même objectif de diffusion restreinte aux principes généraux:

-dans la revue de l'IPAL, la contribution à un numéro spécial sur les réseaux d'information et de la recherche;

-dans la revue internet news, la nouvelle référence internationale en termes de réseaux pour la recherche, l'édition de la partie latino-américaine;

-dans le livre "Calidad Tecnología y Globalización en la Educación Superior Latinoamericana" de l'Unesco/Cresalc, qui regroupe dix-neuf contributions, dont deux en référence avec les principes de l'étude.

Ces actions d'information, conjuguées avec les opérations réalisées par l'Union Latine en marge des études (logiciel MULBRI, réseaux péruvien et dominicain, formation des utilisateurs), permettent d'affirmer que, tout en respectant les restrictions de diffusions à l'extérieur propres à une étude de faisabilité, le groupe de travail a su éviter le risque de conduire une action théorique dont la validité est rendue obsolète par les évolutions sur le terrain.

Pour conclure le chapitre méthodologie, il s'est réellement produit un "effet REDALC" sur le terrain. Cet effort, coordonné entre différents organismes internationaux, a pu préparer le terrain pour l'avenir et donner corps et substance à des concepts fondamentaux tels que:

-la traduction de l'intégration régionale en terme de dispositifs d'exonération pour les télécommunications,

-la nécessité d'établir un squelette régional basé sur la technologie satellite,

-l'importance de la négociation avec les entreprises de télécommunications en vue de l'accompagnement de l'essor des réseaux X25 et de l'accomodation de tarifications avantageuses pour le monde de la recherche,

-le recentrage des réseaux vers l'utilisateur final, en particulier en termes de budget, d'interfaces au réseau, de formation, et de programme de diffusion systématique,

-l'importance du contenu du réseau, en particulier l'intégration des nombreux réseaux d'information existants dans la région,

-l'intégration avec le monde industriel,

-la plus grande importance relative des aspects d'organisation et d'administration dans les réseaux comparés avec ceux de l'installation et l'opération des solutions techniques.

Il serait prétentieux et probablement injuste d'attribuer la paternité exclusive de tous ces concepts au groupe constitué pour les études REDALC. Néanmoins, un travail intense a été produit sur le terrain en ce qui concerne leur diffusion et leur explication pédagogique.

De plus, les opérations menées par l'Union Latine en marge des études ont permis de démontrer la valeur opérationelle de la plupart des concepts grâce à des expériences concrètes sur le terrain.

Pour toute ces raisons, il est possible de considérer qu'une partie de l'effort de transfert de technologie, celle qui touche aux principes et aux méthodes, a déjà été accomplie pendant l'étude. Cela devrait faciliter le démarrage du projet s'il s'avère que la Communauté opte pour poursuivre l'effort présentée.

2 RESULTATS DES ETUDES

2.1 DIAGNOSTIC - ETAT DES LIEUX

1 DIAGNOSTIC SUR LA RECHERCHE

La population totale d'utilisateurs potentiels des réseaux pour la recherche de la région est de l'ordre de 200.000 personnes. Le nombre total de chercheurs par pays varie entre moins de 60.000 (Brésil) et environ 500 (certains pays du bassin caraïbien).

Il s'agit d'estimations approximatives qui tiennent compte de l'acceptation de critères très larges pour la définition du concept de chercheur (du "chercheur susceptible de recevoir un prix Nobel", à l'étudiant en thèse, ou à celui qui travaille dans une ONG à rechercher des solutions alternatives au sous-développement).

Les études effectuées par l'UNESCO ont établi avec le niveau de détail requis les caractéristiques de cette population.

La proportion de chercheurs qui ont, comme cadre de travail de recherche, des institutions académiques (universités ou centres de recherche universitaire) est sensiblement plus faible, en Amérique Latine, que dans les pays industrialisés (une moyenne régionale estimée à 60%, une moyenne par pays variant entre 20% et 80%). Il y a une grande diversité d'institutions susceptibles d'héberger des chercheurs: universités publiques, autonomes, privées, ONGs liées à la recherche (généralement en relation avec le développement), centres de recherche publiques ou privés.

Il y a également une forte dispersion des chercheurs entre les différentes structures, avec un fort degré de multi-emploi, témoin de la précarité des situations.

Les organisations non gouvernementales (ONG) jouent fréquemment un rôle de structure de remplacement pour les chercheurs. Dans les situation de multi-emploi, il est commun de rencontrer le cas où la même personne est chercheur dans une ONG et professeur dans une ou plusieurs universités. La raison pour laquelle le diagnostic s'arrête sur ce point est que la dispersion des chercheurs est un facteur déterminant au moment de considérer les solutions du type organisationnel et/ou technique.

Le facteur de dispersion est la conséquence de phénomènes économiques et politiques historiques (salaires universitaires très bas, destruction de la structure de science et technologie pendant les périodes de dictature). Il y a une forte corrélation entre le facteur de dispersion et le degré d'institutionnalisation académique du pays considéré (le Chili d'aujourd'hui, la Colombie, le Venezuela et, dans une certaine mesure, le Brésil ayant des structures académiques fortes).

La proportion de chercheurs à l'étranger, en particulier dans les pays industrialisés, est très difficile à estimer. Quel que soit le chiffre, cette population doit jouer un rôle clef dans un projet de réseau télématique pour la recherche. L'installation de réseaux stables et performants devrait jouer un rôle d'incitation au retour pour une partie d'entre eux. En effet, une crainte fréquente chez des chercheurs candidats au retour est celle de perdre la facilité d'accès à l'information qui a été gagnée pendant le séjour à l'étranger. D'un autre côté, ceux qui résident et exercent en dehors de leur pays d'origine devraient jouer un rôle fondamental de charnière pour l'établissement de canaux informels de transfert d'information et de technologie entre la région et les pays développés, en particulier européens.

2 DIAGNOSTIC SUR L'INFORMATIQUE

La situation générale du secteur informatique est favorable au développement des réseaux d'ordinateurs. Les ventes de PC de dernière génération (et tout le matériel qui y est associé) montrent une croissance soutenue et il apparait que c'est l'outil le plus utilisé parmi les chercheurs de la région. Les PC compatibles IBM sont les plus répandus; cependant, la proportion de Macintoshs n'est pas négligeable dans le monde universitaire.

Il est certain, toutefois, que dans les universités les plus démunies, il est hors de question de considérer le PC comme un ordinateur "individuel": dans ce cas, l'imagination et l'ingéniosité permettent de concevoir des solutions où le PC est la boite aux lettres partagée par plusieurs utilisateurs qui "mettent leur disquette à la poste" et la retire, vidée du courrier émis, et chargée du courrier reçu.

La seule exception, en ce qui concerne l'utilisation des micros, est notable: au Brésil, où la politique industrielle en informatique a eu comme conséquence un blocage du marché des micro-ordinateurs, les PCs sont rares, et en contrepartie les mini-ordinateurs à stations multiples sont assez répandus. Cependant, la situation brésilienne a commencé à évoluer pendant les études et le retour à une situation plus conforme aux évolutions de l'informatique devrait s'accélérer.

En conclusion, d'une part, il n'y a pas de facteur bloquant à l'essor des réseaux dans la fourniture de matériel informatique; d'autre part, les solutions envisagées doivent s'appuyer sur la base de PCs disponibles.

3 DIAGNOSTIC SUR LES TELECOMMUNICATIONS

La situation générale des télécommunications, est rarement bonne, souvent difficile et parfois critique. Toutefois, les perspectives d'évolution sont bonnes. En renforçant l'amélioration de l'existant et en apportant des solutions complémentaires basées sur la technologie du satellite, il est possible d'obtenir une infrastructure appropriée en faveur du développement national et régional des réseaux télématiques.

- Quelques pays de la région ont une bonne infrastructure de télécommunications (le Chili, le Costa Rica, la République Dominicaine). Dans la plupart des autres pays, l'infrastructure des réseaux téléphoniques est défaillante (centraux de technologie dépassée, saturation des équipements, besoin d'investissements importants). La situation est difficile au Venezuela, critique en Argentine (voir rapport en annexe 1.8), et très critique au Brésil où il est très difficile de prévoir des solutions immédiates à cause de la dimension des investissements nécessaires (voir note en annexe 2.6).

-Les problèmes d'infrastructures ne se rencontrent pas au niveau des réseaux de données mais bien dans les réseaux téléphoniques. La plupart des pays ont des réseaux de paquets très récents et de bonne qualité ou sont sur le point de les installer. Cependant, le mauvais état et/ou la saturation des réseaux téléphoniques constituent un obstacle majeur pour leur utilisation. Cette situation a été clairement identifiée dans les pays et les administrations publiques concernées évaluent diverses solutions.

-Il y a une forte tendance à la privatisation dans le secteur. Les études et les décisions sont lentes mais aboutissent inéluctablement: pendant le déroulement de l'étude, le Mexique, l'Argentine, puis le Venezuela ont connu des prises de participation partielles ou totales dans le secteur des télécommunications (il est à noter qu'une partie significative de celles-ci sont européennes).

- Les réseaux X25 et les systèmes de courrier électronique publics ou privés rencontrent les difficultés habituelles pour développer leurs marchés. On observe que la croissance des services de télécommunications des données est lente. L'absence d'une base suffisante d'utilisateurs et/ou de services freine la croissance du nombre des utilisateurs. Les prestataires de services sont réticents à investir à long terme dans la communication de données, d'autant plus que la demande non satisfaite dans le marché de la voix reste importante et peut apporter des revenus plus rapidement.

La culture télématique reste à faire dans la région et ceci est valable tant pour les utilisateurs que pour les fournisseurs de services. Les clients habituels des réseaux de données et de services ajoutés sont les entreprises internationales ou financières. Il est à noter l'effet indirect de ce phénomène dans la forte utilisation du fax dans le monde commercial et industriel.

Paradoxalement, ce point est à considérer comme favorable à l'essor des réseaux pour la recherche. En effet, la promotion des réseaux télématiques pour la recherche peut et doit apparaître comme un facteur adjuvant à l'essor général des télécommunications de données. Cela pourrait même, à l'extrême, être un facteur essentiel du déblocage de l'effet de poule/oeuf qui freine la croissance du marché télématique (les utilisateurs sont réticents à acheter des clefs d'accès aux services télématiques, vu leur rareté, et les prestataires de services ne sont pas encouragés aux investissements, vu la rareté des clients). Les premiers succès dans les négociations avec des opérateurs de télécommunications témoignent de la validité de l'approche (voir en annexe 5.6 le cas du réseau dominicain). Au moins pour les quelques années à venir, une situation d'intérêt commun, propice à des relations de compréhension réciproque, devrait se maintenir. A noter, qu'à l'inverse, la phase de développement initiale des réseaux pour la recherche dans les pays européens avait été marquée par des relations difficiles entre les deux groupes.

4 DIAGNOSTIC SUR LES SATELLITES

La région bénéficie d'une bonne couverture de satellites internationaux (Intelsat et PanamSat), et depuis quelques années s'y développent des programmes nationaux (au Brésil et au Mexique) et des projets sous-régionaux (Condor du Pacte Andin). Cette couverture est essentiellement la conséquence du marché de la diffusion par télévision (comme c'est le cas du projet européen Hispasat, pour 1992). Cette situation favorise indirectement la transmission de voix et de données car il existe un important potentiel de bande passante non utilisée.

Jusqu'à présent, aucun satellite de la région n'offre une couverture totale sur les pays de l'Amérique Latine et des Caraïbes. Intelsat et PanamSat couvrent le quasi-totalité de la région. Télécom 1 et 2 couvrent une partie de l'Amérique Centrale et les Caraïbes. Hispasat exclura le Brésil (voir annexe 1.4). Brasilsat couvre le Brésil et une partie des pays limitrophes. Le satellite Morelos, du Mexique, couvre seulement ce pays. Il est prévu, pour 1995, le lancement d'un satellite mexicain (Solidaridad) de couverture régionale totale: ce dernier point peut être un élément essentiel du diagnostic et de la solution proposée. A la même date, la société Alpha Lyracom (PanamSat) prévoit une couverture totale du continent américain et de l'Europe.

La technologie VSAT, utilisée dans des systèmes en étoile avec station principale (hub) commence à être diffusée, surtout au Mexique, au Pérou (qui, de plus, possède un transpondeur offert par PanamSat pour être consacré à l'éducation) et en Argentine. Cette technologie représente une nécessité de transition au Brésil et devrait y connaître un développement important.

Dans l'agenda des principales entreprises de lancements de satellites, il est possible de constater le suivi, pour plusieurs années, de la couverture satellite latino-américaine.

La technologie satellite présente l'avantage essentiel de pouvoir être utilisée sans investissements terrestres majeurs. Il est donc probable qu'elle s'imposera dans cette région, et en général, dans toutes régions du monde où la demande de croissance de réseau est grande et où les infrastructures terrestres sont défaillantes. De plus, l'essor des fibres optiques dans le monde industriel, devrait laisser disponible une bonne partie de la bande passante satellite prévue pour les données.

5 DIAGNOSTIC SUR LES RESEAUX EXISTANTS

5.1 DANS LES PAYS INDUSTRIALISES

L'évolution récente des réseaux pour la recherche dans les pays industrialisés se caractérise par:

- La convergence vers l'utilisation du protocole TCP-IP comme passage évolutif à la norme OSI et le développement, en parallèle, des solutions multi-protocoles (voir rapport de mission à l'UIT et celui de la conférence EARN/RARE, annexes 2.1 et 2.2). Un modèle probable dans les prochaines années associera X25 pour les couches basses, les applications de l'OSI (X400, X500, FTAM, etc) pour la couche la plus haute, et TCP-IP dans les couches intermédiaires. A ce propos, il faut noter que cette convergence de fait présente l'avantage, en relâchant les tensions qui existaient sur le front normatif de permettre le transfert de l'intérêt vers les couches applicatives et les applications au dessus.

- Un intérêt croissant pour la mise au point de squelettes régionaux à canaux gigabits et une pression accrue, en particulier aux Etats-Unis, pour la commercialisation du service du transport.

- La persistance des modèles qui associent les universités dans des schémas d'organisation bénéficiant du support financier (partiel) des administrations publiques est challengée par la préoccupation grandissante de la part des opérateurs de télécommunications nationaux pour reprendre le contrôle de la partie transport du réseau et proposer des solutions globales aux réseaux de la recherche. L'apparition de l'internet comme structure de convergence, et en particulier l'évolution vers l'internet du réseau BITNET/EARN, devraient occasionner des mutations importantes dans les années à venir. Ces changements dépasseront nécessairement le plan technique et devront avoir un impact sur les schémas d'organisation. Le débat a déjà commencé aux Etats-Unis et deux tendances s'opposent: celle, "d'idéologie réseau" qui recommande la considération des réseaux comme des autoroutes du savoir, à ouvrir sans péage à toutes les catégories sociales sans but lucratif (secteurs de la recherche, de la santé, de l'éducation, etc...), et celle "d'idéologie libérale" qui préconise la privatisation et la commercialisation des réseaux pour la recherche. Il est à noter que le suppléant du candidat du parti démocrate aux prochaines élections présidentielles, le Sénateur Gore, est justement une personne très active en faveur de la première approche.

- La persistance de l'absence de représentant de l'utilisateur final au moment de la prise des décisions et, par conséquent, l'utilisation d'interfaces utilisateurs obsolètes et une gestion budgétaire orientée vers le transport plutôt que le service,

- La multiplication des passerelles entre réseaux pour la recherche, commerciaux et privés et, par conséquent, l'explosion de la base totale d'utilisateurs interconnectés (estimation de l'ordre de 6 millions d'utilisateurs dans le monde en 1992 à comparer avec une estimation inférieure à 500,000 en 1989). A ce propos, il faut noter, d'une part, la croissance très importante du segment de marché consacré à la vente des dispositifs de conversion de protocoles; et, d'autre part, les prévisions d'une multiplication par quatre entre 1991 et 1996 du marché des messageries (Frost et Sullivan).

Le secteur des réseaux de la recherche est en train de vivre une mutation profonde que l'on peut résumer comme le passage d'un mode de développement conduit par la technologie, à un nouveau mode conduit par le marché.

L'installation de réseaux pour la recherche dans les régions nouvelles doit, de manière impérative, être faite en tenant compte de cette mutation; laquelle va se manifester par le déplacement des investissements (en proportion) des canaux vers les services et la valeur ajoutée (interfaces utilisateurs, banques de données, réseaux d'information). Un autre aspect important est l'interaction qui se produit, grâce à la multiplication des passerelles, entre les réseaux commerciaux et les réseaux de la recherche. Les réseaux commerciaux bénéficient de l'énorme impulsion des réseaux pour la recherche pour accroître leur pénétration dans le marché. Les réseaux pour la recherche devraient, en échange, être amenés à adopter des standards plus professionnels pour leur opération et leur gestion.

5.2 DANS LA REGION AMERIQUE LATINE ET CARAIBES

5.2.1 BILAN DE L'EXISTANT

Le développement des réseaux dans la région, tout particulièrement dans le cas du Brésil, l'Argentine, le Mexique et le Chili, a commencé une croissance modérée à partir de 1987/88. Entre 1990 et 1992, l'intégration d'autres pays s'est accélérée, quoiqu'avec un nombre d'utilisateurs souvent très limité. Aujourd'hui, la proportion moyenne d'utilisateurs qui ont un accès peut être estimée à 20% du potentiel. Le tableau suivant est une approximation de la situation.

PAYS

U T I L I S A T E U R

 

POTENTIELS

 

S E R V I S

 

quantité

%

quantité

Argentine

22000

35

7700

Bolivie

2000

5

100

Brésil

57000

15

8550

Caraïbes

2000

5

100

Chili

8000

40

3200

Colombie

5000

10

500

Costa Rica

2500

40

1000

Cuba

9500

5

475

Equateur

3000

5

150

El Salvador

1000

5

50

Guatemala

1500

5

75

Haïti

500

0

0

Honduras

500

5

25

Mexico

35000

40

14000

Nicaragua

1000

10

100

Panama

1500

5

75

Paraguay

1500

0

0

Pérou

15000

5

750

Porto Rico

3000

80

2400

République Dominicaine

1000

5

50

Uruguay

2500

10

250

Venezuela

9000

15

1350

       

TOTAL

184000

22

40900

Note à propos de la rubrique "Caraïbes":

Pour des raisons pratiques, sont regroupées sous le label "Caraïbes", l'ensemble des îles des Caraïbes à l'exception de celles mentionnées individuellement (Cuba, Haïti, Porto Rico et République Dominicaine). Sont également comptabilisés sous cette rubrique Guyana, la Guyane française, le Surinam et Belize.

Note sur la méthodologie:

Ces chiffres ont été construits à partir de recoupements de sources diverses et non homogènes ainsi que par des sondages sur le terrain. L'intervalle de confiance peut, dans certains cas, être supérieur à 100%. Cependant, la valeur indicative d'ordre de grandeur est correcte. Certains chiffres sont relativement anciens (c'est à dire qu'ils datent du milieu de l'étude!). Enfin, nous n'avons pas pu recouper correctement le chiffre mexicain d'utilisateurs servis qui pourrait être plus surestimé que les autres.

Peu d'effort sont faits, dans le monde des réseaux pour la recherche, pour comptabiliser les utilisateurs. La tradition établie est de compter les noeuds. Cela ne facilite pas le travail statistique étant donné les disparités entre des noeuds qui vont d'un simple micro à des ordinateurs de très grande puissance.

En règle générale, il y a une tendance, bien naturelle, des responsables de réseaux à surestimer le nombre d'utilisateurs servis. La difficulté principale, en ce qui concerne le calcul de la base d'utilisateurs potentiels, est qu'il faut dépasser la stricte définition du chercheur et ouvrir l'accès vers des populations de pseudo-chercheurs. La difficulté majeure, pour ce qui est du calcul des utilisateurs servis, consiste à comptabiliser seulement les utilisateurs qui échangent des messages, en éliminant ceux qui possèdent une adresse électronique mais ne s'en servent pas.

L'établissement correcte de ce système pourrait apporter une base d'utilisateurs actifs de l'ordre de 20,000, ce qui reste un chiffre important, qui témoigne d'une progression remarquable (au moment où l'idée du projet REDALC était conçue, en 1988, le nombre d'utilisateurs actifs était de l'ordre de 2000 et celui des pays connectés de 5!).

Quoiqu'il en soit, le chiffre de 200,000 utilisateurs est une hypothèse correcte de travail pour les études de trafic.

5.2.2 SOLUTIONS TECHNIQUES

Deux types principaux de réseaux cohabitent: BITNET et USENET/UUCP. Les noeuds BITNET, estimés à 100 unités, sont souvent implantés sur des mini ou mini-maxi IBM situés dans des universités, en général privées. Les noeuds UUCP, qui sont généralement implantés dans des PC/386, sont plus dispersés (universités, ONGs, etc...) et se comptent en milliers. L'estimation (très approximative là aussi) des proportions respectives d'utilisateurs est de 75% pour USENET et 25% pour BITNET. Dans les deux cas, l'appartenance à tel réseau se caractérise sur le plan technique par l'adoption d'un protocole de communication (protocole RSCS/RJE pour BITNET et UUCP pour USENET), et sur le plan administratif par l'accomplissement de procédures administratives et financières, qui ne sont pas toujours appliquées dans la région.

Le modèle BITNET a une croissance comparativement plus lente, depuis 1990, que le modèle UUCP/USENET (en noeuds, mais aussi en nombre d'utilisateurs finaux). En plus de son coût initial plus bas, le modèle UUCP est plus facile à installer et plus flexible. Cependant, il est certain que les deux modèles convergeront vers des solutions INTERNET (protocole TCP-IP) pour les interconnexions internationales.

5.2.3 PANORAMA PAR PAYS

Note méthodologique:

Des informations plus détaillées sont consignées dans les rapports par pays (Annexes 2.5 à 2.11). Pour ne pas alourdir la lecture de ce paragraphe les très nombreux sigles n'ont pas été systématiquement explicités.

L'Argentine se caractérise par la variété des solutions:

-RAN (Red Académica Nacional) à partir de l'Université de Buenos-Aires, modèle UUCP;

-Red du SECYT, modèle UUCP;

-SIN (Sistema Integrado Nacional) constitué par plusieurs universités de l'Etat, modèle BITNET qui évolue vers Internet;

-RETINA;

-Il y a quelques noeuds BITNET, tout particulièrement à la CNEA (Comisión de Energía Atómica);

- La Chancellerie a un réseau propre (projet PNUD) à technologie UUCP et permet l'accès à sa sortie internationale (ligne dédiée via satellite vers les Etats-Unis) aux réseaux de la recherche. Cette situation est pratique sur le plan financier pour les réseaux de la recherche; cependant, on peut se rendre compte qu'elle provoque parfois des inquiétudes chez les milieux universitaires peu satisfaits de savoir que leurs courriers électroniques transitent par des ordinateurs de la Chancellerie.

Le modèle UUCP s'est imposé massivement en Argentine et il faut noter un développement important dans le milieu de la santé qui pourrait servir de modèle dans d'autres pays (voir Annexe 4.5).

Le Brésil est un exemple de croissance initiale du bas vers le haut. Cette croissance a été soutenue par l'apport de fonds en provenance de l'Etat de Sao Paulo (plusieurs millions de $ US par an). La complexité des problèmes et la taille du pays ont imposé, par la suite, une vision globale et planifiée, sous la responsabilité des institutions du Conseil de Science et Technologie. C'est ainsi que s'est constituée la RNP (Red Nacional de Pesquisa), sous les auspices du CNPQ (Centro Nacional de Pesquisa).

L'expérience du Brésil peut être considérée comme une expérience au niveau régional à cause de la dimension du pays, de la complexité des télécommunications et de la taille des budgets nécessaires.

Au Mexique, avec peu de coordination, sont nées des solutions différentes: dans l'Université Autonome (UNAM, 400.000 étudiants), au CONACYT, et dans l'ITESM (Instituto Tecnologico de Monterrey), historiquement, le premier noeud BITNET de la région. La proximité des Etats-Unis et la capacité présente en canaux satellites ont permis aux mexicains d'échapper au facteur inhibant que représentent, pour le reste de la région, les coûts de télécommunications. Avec la création récente de la REDMEX, association qui représente la plupart des acteurs institutionnels du domaine des réseaux, la convergence organisationnelle et technique des efforts dans ce domaine est en train d'être réalisée.

Le Mexique est capable de contribuer au développement des autres pays de la région, vu le niveau organisationnel et technique, l'autonomie financière et la capacité technologique propre dans le domaine des télécommunications par satellite. Si l'on y rajoute le rôle central du CONACYT dans la gestion et la diffusion de l'IST sur le plan national, et le prochain lancement d'un satellite à couverture régionale, il apparait clairement que ce pays peut jouer un rôle essentiel dans un projet régional de cette nature.

Le Pérou a commencé très récemment le développement du réseau RCP (Red Científica Peruana) avec un modèle d'organisation directement inspiré de la méthodologie REDALC (voir annexes 5.4 et 5.5) et dans le cadre d'une opération menée sous l'impulsion de l'Union Latine et à laquelle s'est associé le PNUD. Les caractéristiques du modèle sont:

-association autonome de tous les utilisateurs institutionnels avec égalité des droits (universités de l'Etat, privées, Conseil de Science et Technologie, centres de recherche de l'Etat, privés et industriels, ONGs, organisations de l'Etat qui produisent de l'IST);

-représentation de l'utilisateur final dès le début de l'opération;

-soutien économique d'organismes internationaux;

-plans de formation pour les administrateurs et utilisateurs;

-modèle technique: noeuds UUCP évoluant vers Internet, accès X25 national;

Le succès exemplaire du développement du réseau péruvien, après une longue histoire de tentatives infructueuses, est indirectement à mettre à l'actif de l'étude de faisabilité REDALC.

La République Dominicaine représente la seconde opération pilote conduite par l'Union Latine, en marge de l'étude REDALC (voir annexe 5.6). Le réseau a été monté en suivant strictement les principes de la méthodologie REDALC, perfectionnée par l'expérience péruvienne. Le résultat est un développement modèle où tous les objectifs ont été atteints. Le réseau REDID (Red Dominicana de Intercambio para el Desarrollo) a connu trois premières mondiales:

1) L'utilisation sur le terrain du logiciel MULBRI dans sa version UUCP (voir annexe 5.3).

2) La concrétisation des excellentes possibilités de négociation avec les entreprises de télécommunications de Saint-Domingue: le noeud du réseau est une partition logique du système commercial CODEMAIL. L'entreprise Codetel offre la gestion du noeud et la sortie internationale (voir annexe 5.6). L'entreprise All American Cable offre un "Buletin Board System" et organise l'accès aux banques de données nationales. A noter qu'a été obtenu l'accès gratuit au serveur de banques de données scientifiques et techniques QUESTEL de Télésystèmes, cela pour plusieurs mois.

3) L'organisation en juillet 1992 d'un atelier régional consacré spécifiquement à la formation des utilisateurs de réseaux télématiques. Il s'agit d'une première régionale et probablement mondiale organisée conjointement par l'Unesco et l'Union Latine (voir annexe 5.8).

et une première régionale:

-La sortie du trafic vers un pays limitrophe (il est vrai qu'il s'agit de Porto Rico, au statut d'état associé des USA, qui possède une capacité réseau à rendre jaloux de nombreux autres états des Etats-Unis).

Il était prévu d'associer Haïti au développement du réseau dominicain. L'opération s'annonçait sans problème particulier puisqu'aussi bien il suffisait d'installer un PAD X25 en Haïti pour rejoindre le réseau dominicain et que l'accord initial avec l'entreprise Codetel prévoyait cet élément. Les derniers changements dans la situation politique ont rendu le projet caduque. Haïti reste donc, avec le Paraguay et les Antilles françaises, en marge des progrès de réseau dans la région. Il existe toutefois un projet original susceptible d'être lancé prochainement en association avec l'Union Latine et des partenaires de la Martinique. Il s'agirait de former des chercheurs haïtiens en Martinique pour qu'ils puissent eux-mêmes constituer le réseau à leur retour. Il est prévu d'étudier la possibilité d'utiliser la technologie de paquets sur radio (voir annexe 5.7).

L'environnement uruguayen présente peu de difficultés: une seule université (autonome), une concentration remarquable des ressources et des chercheurs, de bonnes relations entre les acteurs institutionnels (l'université de la République, le conseil de science et technologie et les ONGs), et un réseau de paquets de bonne qualité. Le développement a commencé récemment sous ces bons auspices.

Au Venezuela, le développement est dirigé depuis plusieurs années par le CONICIT, et s'insère dans des plans nationaux globaux. Le modèle vénézuélien est particulier à l'intérieur de la région: il était prévu depuis longtemps d'offrir un système national qui inclut le courrier électronique en même temps que l'accès aux banques des données. Pour cela, le CONICIT a construit un réseau X25 dédié à la recherche puisqu'il n'y avait pas de solutions nationales (SAICYT). Le projet a connu des difficultés administratives qui ont provoqué d'important retards. Finalement, le projet a été complété par le système REACCIUN et il y a quelques mois l'essor du réseau vénézuélien a pu commencé; une liaison Internet directe vers le centre John Von Newman des Etats-Unis a été établie et la croissance devrait être rapide vu le travail préalable. Plusieurs raisons font du projet vénézuélien un partenaire privilégié pour l'étude REDALC.

Le Venezuela est l'exemple typique de croissance de réseau globale, planifiée et avec d'importantes ressources sous le contrôle du Conseil de Science et Technologie.

Il est possible de compléter le panorama avec des pays non concernés par l'étude:

-L'Equateur semble vouloir suivre le modèle vénézuelien dans le cadre d'un projet de la BID, quoique d'autres initiatives s'y développent parallélement (projet Bitnet dans le cadre del banco del Pacifico et réalisation d'une opération essaimage UUCP par le PNUD, opération associant des ONGs et des universités-Ecuanex).

-Le Chili est un pays de forte implantation BITNET mais connaît également une croissance des solutions UUCP. Il existe un accord avec la NASA pour la sortie vers les USA du trafic international chilien, et ce pays a tenté de jouer un rôle moteur dans la généralisation des solutions de type Bitnet, au niveau du Cône Sud et de la région.

-La Colombie possède un fort domaine de Science et Technologie (ICFES) qui pourrait être moteur, mais, pour l'instant le réseau RUNCOL existe grâce à l'impulsion de l'Université des Andes et de son noeud Bitnet.

-Le Costa Rica possède un noeud Bitnet très actif et participe également à l'expérience Huracan (voir ci-après).

-Cuba poursuit un développement national rapide, cependant il existe des difficultés pour la sortie extérieure du trafic.

-La Bolivie présente de bonnes probabilités d'entente entre le secteur des télécommunications et le secteur de la recherche. Un réseau initial UUCP a été réalisé dans le cadre d'une opération essaimage du PNUD.

EXPERIENCES SOUS REGIONALES

Il faut également signaler deux expériences sous-régionales très récentes:

-HURACAN en Amérique Centrale qui connecte les utilisateurs de plusieurs pays, à travers leur réseaux X25 respectifs, à un noeud central UUCP, au Costa Rica. D'une certaine manière, HURACAN démontre la validité de l'approche X25 pour l'accès utilisateur, et la non nécessité de multiplier les noeuds de gestion de courrier électronique. Ce projet a été organisé par une agence canadienne de coopération et le PNUD a participé à la phase technique. Il s'agit d'une expérience très démonstrative de certaines options des études REDALC.

-CUNET, projet de l'Université de Porto Rico, avec l'appui financier de l'OEA, pour les Caraïbes anglophones. Des noeuds UUCP d'infrastructure légère sont connectés en étoile vers le réseau du Porto Rico (RACIN), celui-ci se chargeant de la formation du personnel, de l'administration technique et de relayer le trafic vers l'Internet. Le trafic sous-régional qui est établi par réseau commuté est, pour l'instant, financé par l'OEA.

Un certain nombre d'informations plus détaillées sur les réseaux de la région se trouve dans le rapport intermédiaire (annexe 1.2).

5.2.4 TOPOLOGIE DE RESEAU

Généralement il y a des accords (dans le cadre administratif de BITNET, USENET ou INTERNET) avec certaines universités nord-américaines pour canaliser le trafic international de la région. Ces accords se traduisent en la création de connexions à 9600 bps (dédiées ou non), parfois à 19200 bps, et, très rarement, à des vitesses supérieures (voir synthèse des connexions internationales, figure 2).

Il n'y a aucune connexion directe en fonctionnement de la région vers l'Europe. Il existe des projets de connexion vers l'Europe (par exemple, entre Porto Rico et Séville), mais il ne sont pas encore réalisés, au moment de la rédaction de ce rapport. Un projet de liaison EARN vers la métropole, à partir des Antilles françaises, s'enlise, depuis 1988, malgré les nombreux soutiens extérieurs.

La topologie des connexions internationales présente une proportion énorme de liens vers les Etats-Unis et le trafic inter-régional transit majoritairement par ce pays. Cette situation, incohérente en matière de coûts globaux, entraîne une dépendance vis-à-vis de ce pays. Quelques efforts de coordination générale au niveau régional commencent à voir le jour, sans résultat convainquant jusqu'à présent. Des accords sous-régionaux sont en cours de négociation, avec une meilleure chance d'aboutir.

5.2.5 POLITIQUE DE DIFFUSION

Le déficit d'information de la région, une propension culturelle propre aux latino-américains à la communication et l'application effective de la solidarité avec les nouveaux utilisateurs ont entraîné, dans certains pays, une adoption relativement rapide de l'outil, malgré les difficultés rencontrées.

Cependant, il n'a pas été établi, au niveau régional, de politique de diffusion systématique d'accès réseaux vers les utilisateurs finaux. La prise de conscience de cette nécessité commence à peine au niveau national.

5.2.6 FORMATION

En ce qui concerne la formation de techniciens réseau, il existe de nombreuses possibilités et les opérations se montent avec une relative facilité, grâce au soutien manifesté par de nombreux experts, que cela soit au niveau institutionnel (l'université, le plus souvent) ou personnel. La qualité exceptionelle de l'atelier de formation, organisé, à Rio de Janeiro, en 1991, en introduction à l'atelier régional de réseau, témoigne de la qualité de l'offre. D'une certaine manière, l'offre dépasse la demande dans ce domaine. Le nécessaire effort de régionalisation et de systématisation a commencé. Il existe pour le moins deux projets qui vont dans ce sens:

-le projet nord-américain de LASPAU, qui prétend réunir les étudiants en territoire nord-américain, ce qui occasionne un coût réel par étudiant probablement prohibitif pour une solution de masse (voir annexe 4.6);

-le projet "d'école de réseaux" qui réunit des experts de tous les pays dans la structure de l'école de Trieste en Italie. Ce projet propose des sessions de formations dans la région, pour l'instant à Mérida, Venezuela (voir annexe 4.7).

Par contre, en ce qui concerne la formation des utilisateurs de réseaux télématiques, la demande est énorme et l'offre est pratiquement inexistante. Pourtant la formation à l'utilisation des fonctions basiques et avancées des réseaux devrait être un élément essentiel de l'implantation des réseaux. L'Unesco et l'Union Latine ont organisé une première expérience dans le cadre du projet dominicain REDID, et, à travers cette expérience pilote, qui a réuni un corps enseignant de qualité comportant des profils complémentaires, comptent tirer des leçons en vue d'un plan régional (voir annexe 5.8). L'évaluation de cette expérience n'est pas terminée à la date de rédaction du présent rapport. Cependant, il est possible d'avancer à la lecture des évaluations des 75 personnes formées et aux réactions des 15 experts réunis que c'est un succès très prometteur pour le futur.

5.2.7 INTEGRATION REGIONALE

En ce qui concerne la nécessaire intégration régionale, les efforts ont commencé mais la situation est encore confuse. La réunion régionale la plus importante en ce qui concerne les réseaux s'est tenue à Rio de Janeiro, en octobre 1991.

La réunion internationale organisée par l'Unesco, dans le cadre du projet REDALC, s'est d'ailleurs tenue en parallèle avec ce premier atelier régional des réseaux d'Amérique Latine et des Caraïbes, en accord et coordination avec les organisateurs brésiliens.

Au cours de cette réunion, se sont cristallisés un certain nombre d'éléments qui font obstacle à la marche vers l'intégration régionale (voir chapitres 6 et 7). La réunion s'est conclu par l'élection, par les acteurs nationaux présents, d'un groupe de travail comprenant cinq délégués nationaux, avec des objectifs précis à 6 mois. Le calendrier n'a pu être respecté, et le groupe, qui se réunit avec une fréquence bi-mensuelle, a adopté un profil de discrétion sélective qui tranche avec son élection ouverte et mouvementée.

Cette situation est la conséquence logique d'une contradiction fondamentale qui s'est exprimée à Rio de Janeiro. En effet, la conférence de Rio a été financée par de multiples participants (dont l'Union Latine et l'Unesco), mais le principal payeur a été l'OEA. Le représentant de l'OEA a cru devoir publiquement présenter cette conférence comme l'émanation du plan hémisphérique de l'OEA pour les réseaux américains (voir en annexe 4.2). En suivant cette logique, il voulait entraîner tous les participants à considérer que les travaux de la conférence faisaient partie intégrante de ce plan de l'OEA. Cette position, exprimée après trois jours de session, était en contradiction flagrante avec le contenu du texte de convocation (voir en annexe 2.4) qui appelait la fédération des efforts régionaux et internationaux. Cette déclaration contredisait également l'allocution d'introduction de l'organisateur brésilien, qui fut, d'ailleurs, très applaudie. Cette position, peu orthodoxe sur le plan international, était, de toutes façons, inacceptable pour les représentants des autres organismes internationaux présents (PNUD, Union Latine, Unesco, Fundesco, etc) puisqu'elle les mettait en conflit avec leur mandat officiel. Le représentant de l'Union Latine a publiquement réagi et manifesté qu'il ne pouvait, pour des raisons contractuelles vis à vis de la Communauté et également pour des raisons de cohérence vis à vis de son Organisme d'appartenance, accepter que ses interventions dans cette conférence s'inscrivissent dans le cadre du plan de l'OEA.

Le groupe représentant les efforts latino-américains qui s'est formé à Rio, de manière indépendante des agences internationales, s'est donné pour mission la fabrication d'un projet régional et souhaite être une entité régionale de négociation face aux Organismes internationaux. Cependant, les réunions et les travaux de ce groupe sont financés par l'OEA, et cette dernière semble vouloir considérer ce groupe comme l'émanation de sa propre volonté politique. Il y a quelques jours, a eu lieu la seconde conférence internationale sur les réseaux, au Japon (INET92). Le projet REDALC, concentré sur sa tâche de documentation finale, n'y a pas été représenté. Les premiers échos rapportent une organisation parfaite sur le plan international mais une situation plus confuse sur le plan latino-américain. En effet, le responsable officiel du groupe formé à Rio s'est finalement abstenu de venir, semble-t-il pour exprimer son désaccord avec les procédés de l'OEA. D'autre part, le groupe formé à Rio n'a pas apporté les résultats publics qu'il s'était engagé à fournir. Cette situation pourrait avoir pour conséquence de cristalliser les espérances de nombreux acteurs de la région vers la réalisation du projet REDALC.

Quoiqu'il en soit, si le chemin vers l'intégration régionale est complexe et ambiguë, il n'en reste pas moins que les acteurs de réseaux régionaux et internationaux sont mutuellement identifiés et les tâches à effectuer définies, ce qui représente une étape initiale vers l'intégration à ne pas négliger.

Ces épisodes, pas toujours logiques, font probablement partie du nécessaire processus d'apprentissage et il faut donc prendre de la distance et en considérer le résultat positif: globalement, la région avance vers l'intégration.

Il est clair aussi, que dans un domaine d'avant garde aussi transparent que celui des réseaux pour la recherche, la tenue d'une étude approfondie de 24 mois, sous les auspices de la CEE, et avec la collaboration de l'UNESCO, a, malgré la prudence des partenaires, polarisé les espérances, et indirectement cristallisé l'affrontement d'intérêt entre régions industrialisées (voir article de la NASA et réaction en annexe 2.4).

6 RESEAUX D'INFORMATION ET BANQUES DE DONNEES

Les politiques des Conseils de Science et Technologie (politiques nationales) et une activité internationale soutenue (en particulier par l'UNESCO, par la coopération canadienne, et par plusieurs ONGs) ont permis la création de nombreux réseaux d'information et/ou banques de données bibliographiques.

Les développements des réseaux d'information et des réseaux de communication ont été réalisés de manière non concertée, par des acteurs de cultures professionnelles différentes. Il en résulte une barrière réelle entre les deux mondes. Le dialogue indispensable entre les "courrier électroniciens" et les "documentalistes" n'a pas encore commencé. Si la situation ne change pas rapidement, le nécessaire rapprochement sera difficile à obtenir.

A ce propos, un travail important de sensibilisation a été effectué, en marge des études, par l'Union Latine et l'Unesco. Il faut noter, que, pour la journée finale de la conférence de Rio, était prévue une rencontre sur ce thème, dans le cadre de la réunion REDALC/UNESCO. Celle-ci n'a pu se réaliser à la suite de malentendus apparemment administratifs, mais résultant probablement de la situation évoquée au paragraphe précédent.

Un autre fait important sur ce plan est advenu dans la phase finale des études: le degré d'autonomie gagné par le projet Infolac de l'Unesco (voir annexe 4.4). Il faut noter que la structure Infolac a réussi, dans le passé, à fabriquer une communauté d'idées et d'actions entre les documentalistes du secteur de l'IST. De plus, Infolac a suscité la création de plusieurs réseaux d'information, intégrant le secteur ONG et le secteur académique. La nouvelle structure pourrait donc être bien placée pour favoriser le rapprochement entre l'ensemble des partenaires de l'IST. Il faut noter que le Venezuela a pris, pour les deux années qui viennent, la direction d'Infolac et que le secrétaire de cette nouvelle structure est également responsable du réseau vénézuélien au CONICIT. Un nouveau responsable régional du PGI de l'Unesco vient également de prendre ses fonctions. Lorsque la phase naturelle de rééquilibrage sera stabilisée, il conviendra d'examiner la situation pour évaluer les possibilités de partenariat.

A l'heure actuelle, on compte plus de 60 réseaux d'information qui travaillent avec des systèmes de communication archaïques ou très coûteux. L'utilisation des réseaux télématiques pour la recherche pourrait potentialiser ses réseaux. Le document des études de l'Unesco présente chacun de ces réseaux et propose une sélection d'applications pilotes.

Malgré les efforts des fabricants de réseau d'information, la production d'information de la région s'échappe sans contrôle et va alimenter les banques de données des pays industrialisés et la région devra les acquérir dans le futur en devises. Il est indispensable pour la région de participer de manière plus équilibrée aux marchés de la production et de la consommation de l'IST.

7 BUDGETS DISPONIBLES

Les budgets disponibles pour la fabrication des réseaux télématiques pour la recherche sont insuffisants:

- Les vendeurs de matériel informatique ne manifestent pas l'intention de financer les dépenses de télécommunications (comme cela a été le cas dans les pays industrialisés). Cela n'est pas étonnant, car la taille des marchés (sauf le cas particulier du Brésil) ne justifie pas des investissements importants. Des dons de matériel informatique ont été souvent effectués, mais ils n'ont pas entraîné la croissance des réseaux, et parfois le coût en matériel de télécommunications associé à ces donations est supérieur à celui de solutions complètes en technologie appropriée...

- Les gouvernements de la région ne peuvent pas mettre à disposition les fonds nécessaires afin de soutenir le développement des réseaux. Il y a d'autres priorités, à l'intérieur des pays, dans le secteur académique.

- Les Agences Internationales (en particulier l'Unesco) et la coopération bilatérale (surtout canadienne) ont participé à l'essor des réseaux d'information dans la région. Mais, en ce qui concerne les réseaux de transport, s'il y a des éléments de coopération, il n'existe pas de projet régional qui réunisse la vision technique complète et la capacité de financement correspondante.

- La voie de la négociation avec les entreprises de télécommunications commence a être explorée dans certains cas (la Colombie, la République Dominicaine, la Bolivie, le Pérou), mais il n'y a pas encore de méthodologie systématique à vision régionale. Le cas de la République Dominicaine où une entreprise privée offre l'ensemble des éléments de la solution est très prometteur. Cette voie représente un des éléments clefs de la solution (voir annexe 5.6).

Pour conclure sur le chapitre budgétaire, la situation dramatique a très court terme dans laquelle se trouve la plupart des responsables nationaux de réseaux pour régler les factures de télécommunications, conjuguée avec le style d'action de certains des projets en présence, occasionne une perception erronée de ce qu'est la coopération internationale. Il en résulte une certaine confusion peu propice au travail en profondeur et à la participation effective des acteurs en présence. L'effet négatif le plus visible est une faible propension à l'intégration régionale et à la vision à long terme.

En effet, il s'est créé une situation de foire dans la recherche de fonds internationaux où chacun multiplie les contacts pour résoudre ses problèmes immédiats sans qu'il existe une définition préalable d'une politique nationale et régionale et des priorités correspondantes.

Pourtant la solution du problème budgétaire ne devrait pas être inaccessible: Porto Rico a fabriqué en quelques années un réseau modèle avec un investissement de 20 millions de dollars des Etats-Unis. C'est à peu près la somme nécessaire pour mettre en place un squelette de télécommunications régional qui résoudrait définitivement le problème!

8 PROJETS EN COURS

Pendant l'étude de faisabilité, le nombre d'entités porteurs de projets ou de manifestation d'intention de projets concernant les réseaux dans la région a culminé à vingt et un (BID, Fundesco/Clarin, ILET, John Von Neuman Institute, NSF, LASNET, LASPAU, OEA, OPS, PNUD, Quinto Centenario/Unibeur-Info, REDALC, RIO, SIRIAC, UASB, Unesco/PII, Unesco/Orealc, université de Miami, université de Bordeaux, RIO, World Lab). A cette liste il faut rajouter les projets-cadre régionaux en cours (MECCO, Programme Simon Bolivar) et les projets sectoriels ou sous régionaux (OUI, UDUAL, SIAMAZ, etc...).

C'est dire le niveau d'intérêt qui existe pour aider la région dans ce domaine. Cette situation a d'ailleurs pu apporter une certaine perturbation dans le monde des réseaux en créant une fausse impression à propos de l'imminence de l'arrivée de fonds extérieurs destinés à résoudre les problèmes.

Certains projets ont montré une présence effective dans la région.

Un département du PNUD (voir annexe 4.3) a réalisé des actions de type "essaimage" (installation d'un noeud du type UUCP dans des pays sans réseaux et actions de formation pour la gestion technique du noeud). Ces actions ont d'abord été centrées sur le secteur ONG (Alternex/Ibase) puis se sont orientées vers des pays (Equateur, Bolivie, Cuba). L'impact n'a pas été important en terme de croissance du nombre total d'utilisateurs. D'autre part, il s'agit de solutions relativement sommaires face à la problématique complexe du développement des réseaux de la recherche. En effet, la mise au point technique d'un noeud et la formation de personnel technique sont des éléments certes utiles, mais ils ne représentent qu'une fraction infime, et somme toute la plus déterministique, des tâches complexes à réaliser pour monter un résea