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Technologies de l'information et de la communication
la gestion d'un impact social positif
Auteur:
Fondation Charles-Léopold Mayer
pour le progrès de l'Homme (FPH)
Date de publication:
Contenu
Considérations fondamentales Axes thématiques Education Santé Démocratie, gouvernance et participation civique Economie et Productivité Langues et Cultures
Mots clef:
Localisation:
Cyberotheque > Thematique > fra_doc_coord.html
Documents connexes:
doc-ino, doc-cv, doc-sam

Considérations fondamentales

Peu de personnes se risquent aujourd'hui à remettre en question le fait que l’univers de l'informatique, celui des télécommunications, celui du multimédia et celui où se mêlent ces trois univers en une zone un peu floue, sont en train d’influencer toujours davantage d’aspects relatifs à la vie des habitants de notre planète.

La connaissance est considérée comme un élément essentiel dans les relations socio-économiques établies par les sociétés, les organisations et les pays. La connaissance des technologies de l’information et de la communication (TIC) est particulièrement importante puisqu’elle fait référence à une zone de la connaissance produite par l'homme afin de rendre viables certaines formes d’échanges et de relations ; ces technologies constituent un pilier fondamental du processus actuel de mondialisation qui conduit à la “société de la connaissance” à laquelle certains auteurs font référence.

Que ce soit de manière implicite ou explicite, le développement et l’utilisation des TIC sont mentionnés dans les visées et les projets de la plupart des agences de coopération et de financement, internationales et multilatérales, dans ceux des bureaux de planification centraux ou sectoriels de différents pays du monde ou dans ceux des plus grandes corporations transnationales. L'expansion des TIC répond au besoin qu’a la société de donner une réponse à ses projets de mondialisation.

Le rôle principal que les pays en développement ont dû jouer jusqu’à maintenant face à la production sociale de technologie était celui de consommateurs, et ce afin de s’adapter aux schémas économiques, politiques et sociaux qui sont de mise dans les pays économiquement avancés.

Les TIC, en tant qu’ensemble de technologies, donnent la possibilité de procéder différemment de ce qui a été fait aupravant par les pays en développement. En effet, il est indéniable qu’il ne faut pas suivre les mêmes démarches ou les mêmes étapes que les autres. Le multimédia — interaction entre des textes, graphiques, images, sons, animations, vidéos —, le maniement non-séquentiel des documents multimédias, renforcés par les possibilités des télécommunications — l’Internet en étant le produit le plus emblématique — n’est pas encore totalement compris et utilisé dans l'ensemble de ses possibilités. Les TIC représentent une rupture dans les paradigmes de conception, d’organisation, de distribution et d’exécution des activités humaines. Maîtriser la portée de cette rupture continue à représenter un but primordial pour ceux qui veulent parvenir aux stades les plus avancés du développement.

Le dilemme se ressemble donc au Nord et au Sud, à la différence près que le Nord, en tant que principal producteur de TIC, est capable de trouver des réponses à ses besoins. Pour le Sud le problème est autre : il doit s’approprier les TIC au point de vue social et s’en servir pour ses propres projets de développement. Il lui faut innover dans la manipulation, la production, la mise en œuvre et dans les utilisations des technologies afin de s’en servir pour trouver des solutions à ses propres problèmes.

L’une des façons de favoriser la construction d'une société solidaire et responsable est de permettre l’utilisation des TIC d’une façon juste et équilibrée, et ce tant au Nord qu’au Sud. Mais c'est sans compter avec les grands déséquilibres et disproportions que l’on trouve aujourd’hui dans des aspects aussi cruciaux que la facilité d'accès à ces ressources pour de larges secteurs de la population qui sont socialement exclus du processus. Il faut donc également redéfinir de façon plus équilibrée les relations Nord-Sud ; et il est évident que cette question d’environnement n’est pas un simple problème d'investissement et elle ne sera pas résolue rapidement.

Cependant, le Sud a progressé dans sa façon de s’approprier les TIC en vue de trouver des solutions aux problèmes les plus urgents auxquels il est amené à faire face durant son processus de développement. Il est également nécessaire d'admettre que ces progrès n'ont pas été suffisants, ni sur le plan quantitatif, ni sur le plan qualitatif.

On remarque en Amérique latine et dans les Caraïbes un ensemble de conditions qui se retrouvent dans tous les efforts de développement de la région, et que l’on peut essayer de dominer en employant des solutions fondées sur les TIC. C’est le cas de la question de “genre”1 : différenciation politique, économique, sociale et culturelle entre les femmes et les hommes. Il est important de produire une meilleure distribution des bénéfices du développement, ce qui impliquera nécessairement une plus grande équité sociale, politique et économique entre les acteurs et actrices du processus. Au moyen d’applications innovatrices des TIC, d’autres groupes qui sont également victimes d’une discrimination sociale, comme les populations indigènes ou les personnes handicapées, pourraient eux aussi avoir la possibilité de combattre la situation d’infériorité dans laquelle ils se trouvent actuellement.

Une autre perspective à garder à l’esprit est que, pour produire un impact social, il convient d’essayer de dépasser les environnements traditionnels de divulgation dans lesquels se trouvent les projets d’utilisation des TIC, et en particulier l’Internet. Les TIC sont habituellement connues dans le monde des ONG, dans le milieu universitaire, mais rarement dans les secteurs spécialisés touchant à la technologie. La diffusion des expériences, qu’elles aient été ou non couronnées de succès, est fondamentale pour stimuler les progrès dans ce domaine.

Pour en revenir au sujet précédent, il existe dans notre continent une pluralité de langues, et ne pas reconnaître leur existence reviendrait à produire d’autres formes d’isolement dans la région. En plus des multiples langues indigènes d’Amérique latine et des créoles caraïbiens, on trouve quatre langues : l’espagnol, l’anglais, le portugais et le français. C’est un problème pour ceux qui mènent des projets ou qui cherchent des informations sur des initiatives transposables à leurs pays respectifs, dans la mesure où ils sont contraints de franchir les obstacles relatifs à l’usage d'une seule langue dans un continent multilingue.


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Axes thématiques

L’une des préoccupations présentes lors des recherches portant sur l’aspect social des TIC réalisées par des organisations comme FPH, VECAM, FUNREDES, ANAIS et d’autres, a été d'identifier et de renforcer les axes de travail susceptibles d’engendrer un impact social positif, orienté vers l'amélioration de la qualité de vie des populations des pays du Sud. Au cours de cette recherche, est apparu un élément fondamental pour que les résultats soient probants : il faut que le Sud lui-même participe à l’identification de ses problèmes les plus urgents, ainsi qu’à la formulation, à l’exécution et à l’évaluation des projets menés.

À partir des expériences déjà réalisées dans ce domaine, le présent document définit quelques axes thématiques destinés à la discussion. Ces thèmes paraissent rencontrer un certain écho lorsqu’il s’agit de rechercher un consensus à propos des orientations de travail prioritaires pour les pays en voie de développement, et pour lesquelles l’utilisation des TIC devrait parvenir à représenter une nouvelle possibilité en ce qui concerne la résolution des problèmes actuels. Chaque axe est en soi un groupe d’interrogations en quête de réponses.


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Éducation

Pratiquement tous les projets relatifs au développement conviennent d’accorder une priorité maximale à l'éducation. Parvenir à une éducation primaire universelle dans les premières années du prochain millénaire exige le concours de multiples compétences afin de former des étudiants, de remettre les enseignants à niveau, de moderniser les infrastructures et les programmes. Plusieurs organisations internationales se rejoignent sur ce point fondamental.

L'éducation elle-même, le processus d'enseignement-apprentissage, évolue constamment face aux progrès des TIC, d’où la nécessité d’une rénovation continue des paradigmes qui normalisent ce processus. Pendant longtemps les TIC ont été considérées comme des outils appelés à jouer un rôle particulier dans cette rénovation, dans la mesure où, en brisant des moules comme celui de la lecture séquentielle ou en introduisant le multimédia, elles ouvrent la possibilité d’une exploration par de nombreux moyens.

La quantité et la qualité de projets concernant l’application des TIC dans le domaine éducatif en Amérique latine et dans les Caraïbes, et dans le monde en général, est loin d’être négligeable. Cependant l’ampleur de la tâche à venir demande de plus en plus d’applications dans ce domaine, toujours meilleures, et requiert surtout des applications permettant de subvenir aux besoins spécifiques de la région, da chaque pays, d’un tel programme.


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Santé

Parmi les problèmes les plus cruciaux de la région se trouve la prise en charge de larges couches de la population qui, selon les indicateurs de pauvreté critique mentionnés ci-dessus, vivent dans des conditions alimentaires et médicales insuffisantes, et n'ont pas accès à des services de santé adéquats. Cette réalité affecte tout autant les zones urbaines que les rurales.

Les TIC peuvent devenir un outil essentiel pour résoudre les multiples aspects de ce problème ; fournir l'accès à une information pertinente propre à répondre aux cas particuliers, établir des réseaux d'alerte épidémiologiques, renforcer les applications de la télémédecine, diffuser les savoirs relatifs à la médecine traditionnelle ; ou encore contribuer à la mise à niveau du personnel employé dans le secteur médical, favoriser la gestion et les services des dispensaires et centres de soins.

La coordination de politiques publiques nationales dans le secteur médical, ayant des stratégies régionales définies par des organismes internationaux, comme l'Organisation Panaméricaine de la Santé, est un champ d'action revêtant une importance toute particulière dans la mesure où les problèmes de santé ne s'arrêtent pas aux frontières géopolitiques des pays.


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Démocratie, gouvernance et participation civique

L’une des tâches les plus urgentes de la région est la construction et la consolidation de systèmes démocratiques stables, dans des sociétés où les déséquilibres structurels graves, reflétés par des indicateurs comme ceux de la pauvreté critique, sont nombreux. L'utilisation des TIC pour créer ou soutenir des organes de pouvoir et de participation civique à l'intérieur d'un ordre démocratique représente une autre solution aux vieilles méthodes qui montrent déjà des signes d’épuisement.

Produire ou renforcer l'efficacité et la transparence de la gestion des dirigeants, de l'organisation des communautés locales, régionales, des corporations et de divers secteurs sociaux sont des champs d’action où les TIC pourraient apporter des solutions intéressantes.

La région doit s’incorporer au processus actuel de mondialisation de la façon la moins traumatisante et la plus constructive possible, et ce dans ses propres intérêts. Si, comme on l’a dit, ces technologies constituent la base de ce processus, il est alors indispensable de se les approprier pour faire coïncider en Amérique latine et dans les Caraïbes des structures sociales avec un schéma de développement solidaire et responsable.


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Économie et productivité

Le problème des appareils économiques de la région est qu’ils doivent se battre sur des marchés de plus en plus ouverts, où les politiques protectionnistes s’affaiblissent rapidement, alors que les pratiques de production ne se sont pas transformées au même rythme que les changements imposés par les processus de mondialisation et d’intégration.

La majorité des emplois à pourvoir en Amérique latine et dans les Caraïbes se trouve dans les petites et moyennes entreprises, ce secteur étant traditionnellement considéré comme marginal et peu avancé d’un point de vue technologique. Une telle vision n’agit pas en faveur de la rupture nécessaire pour activer la base du système économique des pays de la région.

Les TIC rendent possible une redéfinition de la forme selon laquelle les organisations ont été structurées pour répondre chacune à ses activités. Les technologies n’offrent pas seulement l’occasion de repenser ce que l’on a fait jusqu’à maintenant et de le renforcer dans le cadre d’un nouveau paradigme technologique, mais elles permettent aussi de créer des nouveaux espaces pour les affaires. Cette dernière affirmation s’applique tout autant aux économies des pays qu’à toutes les formes d'organisation à plus petite échelle, et ce quel que soit le secteur économique concerné.


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Langues et cultures

En Amérique latine et dans les Caraïbes, de multiples cultures et langues se sont trouvées en présence et se sont mêlées. Elles coexistent aujourd’hui avec celles des premiers habitants du continent. L'utilisation des TIC peut activement contribuer au renforcement des identités culturelles et linguistiques d'Amérique aussi bien qu’à la stimulation de leur processus d'intégration.

Le renforcement des communautés culturelles et linguistiques au moyen de l'articulation de ses membres par l'utilisation des TIC est un objectif qui doit être accepté et développé par les acteurs qui interviennent dans ces domaines. Il est nécessaire de disposer d'outils conçus pour surmonter les obstacles et pour relier les cultures et les langues d'Amérique.


L’équipe de coordination de Funredes,
Août 1999
Saint Domingue, République Dominicaine


  1. N.D.T. Il faut comprendre “Genre” comme étant la traduction du mot anglais “Gender” : le genre d’une personne fait référence à l’identification de l’individu par rapport au rôle social de l’homme ou de la femme. Le Genre diffère du sexe, de la même façon que l’ethnicité diffère de la race : le genre est un concept sociologique, alors que le sexe est un concept biologique. (Librement du dictionnaire “Ethics updates glossary”, situé à : http://ethics.acusd.edu/Glossary.html).
    N.D.L.T. “Participación ciudadana”, en espagnol, peut se traduire de différentes façons, “civile”, “citoyenne” ou “civique”. Dans le présent document, nous avons choisi d’employer le terme “civique” car il représente ce qui est relatif au concept du citoyen, alors que “citoyenne” se rapporte davantage à la personne et “civile” a un côté plus législatif.
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Dernière modification : 25/02/2000