Paris, le 29/10/1988

PROJET TELEMATIQUE EN AMERIQUE LATINE ET AUX CARAIBES

Il se presente aujourd'hui une conjoncture tres favorable pour mettre l'Union Latine en bonne position pour coordonner un projet, destine a l'Amerique Latine et les Caraibes et inspire par la telematique francaise.

Ce projet consiste en la creation d'une ecole de formation a la tele-informatique et en la realisation d'une serie d'applications pilotes de l'usage professionnel du minitel.

Le projet pourrait commencer par une approche conjuguee en Haiti et en Republique Dominicaine, et serait, par la suite, etendue a d'autres pays de la region.

Cette bonne conjoncture est le resultat de la mise en concordance de phase de tous les parametres qui garantissent le succes d'une operation de cooperation technologique:

  • La prise de conscience regionale de la necessite du developpement de la telematique a atteint son point de maturite;

  • La prise de conscience francaise de la necessite d'aider la promotion de l'exportation des technologies de telematique a egalement atteint son point de maturite (resolutions du dernier sommet de la francophonie, actions de France-Telecom);

  • L'Union Latine offre maintenant un appareil tres adapte pour mener a bien des operations de ce genre, au meilleur cout (competences, representation, contacts, administration legere). De plus, elle est en train de mettre en route un projet de reseau inter-universitaire dans la meme region (REDALC) avec lequel une synergie est envisageable.

  • L'investissement necessaire en etudes est reduit, car il suffit d'actualiser une etude financee par l'UNESCO et realisee en 1986, par l'actuel Conseiller Scientifique aupres du Siege de l'Union Latine, a Saint-Domingue;

    L'Union Latine se propose pour coordonner cette operation qui est utile pour ses Etats membres de la region et qui est, en meme temps, d'interet evident pour l'industrie francaise.

    La premiere etape consisterait a confier a l'Union Latine les moyens et la responsabilite pour la reactualisation, et l'extension vers Haiti, de l'etude existante.

    Ce resultat pourrait etre obtenu par une mission d'expert de 2 mois comprenant des sejours a Paris, Pointe-a-P�tre, Port-au- Prince, et Saint-Domingue.

    L'Union Latine est en mesure de realiser ce travail avec un budget d'environ 15,000 US$.

    Immediatement apres, l'Union Latine pourrait assurer la coordination d'un projet qui demande la participation, dans la region Amerique Latine & Caraibes, de plusieurs entites francaises (Ambassades, Cooperation, Relations Exterieures, France-Telecom, Chambre de Commerce...).

    L'Union Latine pourrait, par la meme occasion, prendre les dispositions de facon a faire beneficier ce projet, pour sa realisation et sa promotion, de la construction du reseau regional inter-universitaire dont elle a la responsabilite. Il est a noter que ce reseau, qui etablira des connexions entre les universites de la region, sera lui meme relie aux universites francaises et europeennes, a travers les Antilles francaises.

    ANNEXES:

    1. Historique du projet existant et perspectives
    2. Perspectives offertes par l'Union Latine

      • Note de presentation du projet REDALC.
      • Rapport de Mission du projet "Realisation d'une infrastucture telematique en Republique Dominicaine".
      • Document du Projet "Realisation d'une infrastucture telematique en Republique Dominicaine".

    ANNEXE 1: Historique du projet existant et perspectives

    HISTORIQUE:

    Convaincu de l'opportunite exceptionnelle que representaient le minitel et la telematique francaise pour les pays en voie de developpement, un specialiste francais de la telematique, Monsieur Daniel Pimienta, a entrepris une serie d'etudes, depuis aout 1984, en vue de la realisation d'un projet de cooperation en Amerique Latine et Caraibes.

    Ces actions ont ete effectuees gracieusement, pour le compte de l'Ambassade de France a Saint-Domingue. Ensuite, ce specialiste a pris de nombreux contacts en France en 1985 (ACTIM, AFPA, Cooperation, DGT/DAII, MIDIST, Union Latine entre autres).

    C'est en septembre 1986, que Monsieur Pimienta, lasse par l'inertie qu'il a rencontre en ce qui concerne les prises de decision, s'est adresse a l'UNESCO qui a manifeste immediatement son interet. Finalement, a la demande de la Republique Dominicaine, il a ete mandate, en tant que consultant UNESCO, pour une mission de 3 mois, en mars 1986, destinee a realiser l'etude de faisabilite et a preparer le montage du projet. L'Union Latine, qui avait apporte son soutien a cette entreprise depuis le debut, a egalement offert sa contribution pendant l'etude financee par l'UNESCO.

    L'etude de faisabilite n'a toujours pas ete suivie par le demarrage du projet. Les raisons qui ont gele le demarrage de ce projet ne sont pas d'ordre technique. Le parcours administratif du projet a l'interieur de l'UNESCO, a ete "perturbe" de telle sorte qu'une bonne possibilite de financement francais a ete perdue en fin 1986.

    En 1987, un projet concurrent a vu le jour, par l'entremise d'une des universites du pays. Ce projet qui reprenait l'essentiel du projet initial a recu des promesses de financement de l'AID, grace au soutien actif du Representant du PNUD, a Saint-Domingue. Ce dernier etait hostile a la participation de l'Universite publique dominicaine, la UASD, au projet initial qui prevoyait la formation de professeurs en informatique pour le compte des principales universites du pays, dont la UASD qui regroupe plus de la moitie des etudiants du pays. SITUATION ACTUELLE

    Apres les reactions des universites ecartees du projet, et apres le changement du Representant Resident du PNUD, le projet concurrent a egalement ete immobilise. Ainsi la situation est au point mort depuis le debut de l'annee 1988.

    Cependant, toutes les conditions sont maintenant reunies pour un demarrage du projet initial: il suffirait de coordonner les parties en presence (en particulier la UASD qui souhaite vivement une participation francaise).

    Une des raisons de l'immobilite actuelle est dans le fait que Monsieur Pimienta a decide, pour des raisons d'ethique, de cesser ses activites personelles pour le compte de ce projet. Il a choisi de laisser les institutions concernees denouer une situation ou les considerations techniques et d'aide au developpement sont passees en second plan. A la suite de cette decision, Monsieur Pimienta s'est installe comme consultant prive a Saint-Domingue, ou l'Union Latine lui a propose d'occuper, a temps partiel, la fonction de Conseiller Scientifique. C'est a ce titre qu'il s'est vu confier la responsabilite de la coordination du projet REDALC (voir document joint).

    LE PROJET TELEMATIQUE

    Le projet issu de la mission UNESCO est intitule "infrastructure de telematique en Republique Dominicaine", et il prevoit trois parties complementaires:

  • sept applications pilotes utilisant le minitel dans un cadre professionnel (Administration publique, tourisme, banque, agriculture, banques de donnees economique et linguistique),

  • un centre de conseil et assistance en tele-informatique a la disposition de l'Administration Publique,

  • une ecole d'informatique chargee de la formation de professeurs de haut niveau en informatique, de la formation continue des professionnels en tele-informatique, et de conferences et seminaires regionaux sur la telematique.

    Le detail de ces operations est decrit dans le Document de Projet de 15 pages, et dans le Rapport de Mission de 91 pages. Ces documents tres complets donnent a ce projet un niveau d'avancement tres superieur a celui d'une simple etude de faisabilite. Ces deux documents sont joints a cette note.

    L'ensemble de ces travaux represente un capital, que l'on peut evaluer a environ 30,000 US$, qui est encore inutilise a ce jour. Cet investissement est a la disposition de l'Union Latine. PERSPECTIVES

    La derniere etude a ete realisee il y a plus de deux ans, certains elements du contexte ont donc evolues. Les changements concernent plus l'aspect institutionnel que le contenu technique du projet. Il faudra toutefois adapter le projet a la nouvelle situation.

    Ainsi, la compagnie de telephone CODETEL (filiale de la GTE et quasi-monopolistique en Republique Dominicaine), a modifie considerablement sa politique de l'epoque (qui consistait en un blocage des investissements). Outre le fait que CODETEL a demarre un programme ambitieux d'accroissement du nombre de lignes telephoniques, elle offre maintenant une infrastructure telematique dont le projet doit tenir compte (acces au reseau TELENET, services de courrier electronique et de telefax).

    De plus, cette compagnie a manifeste son interet dans des operations conjointes avec France-Telecom, de facon a developper le marche telematique dans le pays.

    D'autre part, la Chambre de Commerce franco-dominicaine, creee depuis quelques annees a Saint-Domingue, a atteint un bon niveau d'implantation. Cela permet d'envisager des perspectives interessantes de partenariat dans ce projet, et laisse augurer une bonne demultiplication des applications pilotes pendant, et apres le deroulement du projet.

    En outre, il est maintenant envisageable et souhaitable d'entamer une action conjuguee entre les deux Etats qui partagent l'�le d'Hispaniola: Haiti et la Republique Dominicaine. La France, aussi bien que la CEE, considerent maintenant des actions cooperatives communes en Hispaniola. Le pouvoir politique dominicain affiche lui-meme des intentions de cooperation avec Haiti ou les recents evenements laissent percer un espoir de democratisation.

    Enfin, la creation recente en Guadeloupe, par France-Telecom, d'une ecole de telecommunications pour l'Amerique Latine, est un element nouveau a considerer. Ce centre pourrait apporter une partie de l'infrastructure necessaire a l'ecole, et placer la cooperation francaise dans un cadre regionale.

    Pour conclure avec l'aspect technique, les conditions, favorables a un tel projet, au moment de l'etude, sont encore meilleures aujourd'hui: la demande en telematique (produits et personnel) s'est considerablement accrue, mais les competences sont toujours absentes.

    Le fait nouveau est a trouver dans l'amelioration de l'acces, a partir de l'etranger, des serveurs videotex et, donc de certaines banques de donnees francaises. Il est concevable maintenant d'elargir le champ d'applications de la telematique dans le projet en y integrant cet aspect du videotex. ANNEXE 2: Perspectives offertes par l'Union Latine

    C'est donc l'actuel Conseiller Scientifique aupres du Siege de l'Union Latine qui a ete a l'origine de ce projet, et qui en a coordonne toutes les etapes.

    Notre Conseiller Scientifique possede les competences et l'experience necessaire pour assurer, dans le cadre de ses fonctions a l'Union Latine, la coordination de ce projet.

    L'Union Latine, a travers son Siege a Saint-Domingue, et ses autres bureaux dans la region a noue un ensemble de relations institutionelles qui seraient tres precieuses pour un tel projet (comme par exemple des accords de cooperation avec des universites, ou avec des organismes de cooperation aux Antilles francaises).

    Grace au "Reseau EDucatif pour l'Amerique Latine et les Caraibes" (REDALC) que l'Union Latine met en route, de nombreuses possibilites vont rapidement se presenter pour faciliter la realisation du projet, et, par la suite, en assurer la promotion en Amerique Latine.

    Enfin, l'Union Latine est une organisation de petite taille qui offre la legerete et la souplesse dans son administration et dans son mode de fonctionnement qu impliquent une meilleure adaptation, en cout et en rapidite, que les appareils classiques de cooperation.