Comment offrir a l'ensemble de chercheurs latino-americains un acces aux reseaux pour la recherche internatioaux malgre leurs faibles possibilites finaniceres?

L'histoire recente des reseaux pour la recherche a montre un traitement preferentiel para rapport au cout d'acces aux moyens de telecomunications, vis-a-vis des chercheurs des pays developpes. Cette situation a ete creee grƒce a la rencontre du dynamisme des acteurs du monde academique et a la perception du cote des vendeurs d'equipements informatique du poids que representait cette poblation dans le developpement de leur marche.

Par la suite cette poblation a su s'organiser pour maintenir les avantages en provenance tant du secteur prive comme du secteur public. Mais il en resulte une situation assez complexe en matiere des normes de telecomunication du a un developpement du bas vers l'haut sans un schema initial.

Dans les pays en voie de developpement et notamment en Amerique Latine et les Cara‹bes, le developpement de l'acces aux reseaux pour la recherche est commence avec quelques annees de retard et sans l'appui qui ont connu les pays developpes.

Neanmoins, le besoin d'acces a l'information scientifique et technique pour ces voies est, evedemment, encore plus fort. Les PVD subissent l'isolement produit par la penurie de ressources et la faiblesse des moyens traditionnels de communication. Les possibilites au niveau de l'utilisateur final du reseau (le chercheur et/ou la structure de recherche) de payer les importants couts de telecommunications qu'impliquent ces reseaux sont presque nules et reservees a une minorite des universites, les plus riches. La dynamique de l'univers academique est comparable, voire plus importante que celle des pays developpes, mais n'existent pas les memes conditions pour capter les ressources financieres du secteur prive. On peut dificilement concevoir l'investissement, dans la region, de plusieurs millions de US$, pour part du secteur prive: la recuperation de l'investissement que les specialistes de la prevision des grandes entreprises savent calculer, ne justifie pas un investissement de cet ampleur. D'autre part, il n'est pas raisonable de convaincre les ministres d'Education et/ou de Science et Technologie d'offrir les fonds pour aider la recherche tenant compte des besoins en matiere de alphabetisation ou d'infrastructure universitaire.

Coment parvenir a la maturation d'un reseau latino-americain tenant compte de ces obstacles?

Nous suggerons une methode differente de ce qui a ete a la base du succes du developpement des reseaux dans les PD: un developpement qui utilise les fonds de la cooperation internationale dans un cadre institutionnel qu'appui et canalise les initiatives en provenance du secteur academique.



LE DEVELOPPEMENT DES RESEAUX DANS LES PD

Le budget qui a ete offert aux universites des PD de la part du secteur prive jusqu'au present est superieur aux 20 millions de dollards! Une grande partie de ces fonds ont ete utilises pour payer les liens de telecommunications entre les differents noeuds (generalement, lignes internationales louees), une autre partie pour offir equipements ou la mise en disposition du personnel qualifie. Le flux d'argent et le niveau d'organisation de l'univers academique sont les deux conditions qui ont permis
l'extraordinaire developpement des reseaux academiques
(EARN/BITNET).
Aujourd'hui, si un chercheur d'un PD appartenant a une institution veut un accees aux reseaux pour la recherche, peut l'obtenir facilement et, pratiquement, sans depenser de l'argent.

Cette situation peut varier d'un pays a un autre et l'analyse des differents schemas ne fait pas l'objet de cet article. Mais aujourd'hui dans la plupart des pays developpes, les depenses en telecommunications (qui sont estimes en millons de dollards par annee et que representent la plus grande partie du budget des reseaux) sont assurees, total ou parciellement, par l'Etat. L'utilisateur meme, dans la structure budgetaire de l'universite ou du centre de recherche, complete de maniere cooperative. Ce modele qui associe l'univers de la recherche (organise en associations a but non lucratif) et le secteur public a fait preuve de son perennite apres le developpement initial (de 1984 a 1987) qui a ete realise avec les dons du secteur prive.

Bien sur, il existent des tensions entre le secteur public et les associations de chercheurs, des tentatives du secteur public pour reprendre le controle de ces reseaux, des grandes difficultes pour arriver a une situation coherente en termes de normes de telecommunications, une tendance naturelle a oublier la croissance horizontale (les utilisateurs et les logiciels qui leur facilitent l'acces) au benefice de la croissance verticale (mayeure quantite des noeuds, canaux plus larges). Mais fondamentalement, n'existe pas l'utilisateur frustre du service pour manque de ressources.

LE DEVELOPPEMENT DES RESEAUX DANS LES PVD

Secteur des ONG: Ce secteur tres dynamique, a des liens traditionnels avec les secteurs de la cooperation (PNUD, UNESCO, IDRC...) capables d'aider au developpement. D'une part, son experience dans le maniement de fonds de la cooperation c'est un facteur cle. D'autre part, la solidarite Nord/Sud est tres effective dans le milieu des ONGs. Enfin, il existe une bonne cohesion du secteur des ONG a l'interieur de la region. Ces conditions ont permis un developpement soutenu dans plusieurs pays des reseaux, bases generalement sur le modele UUCP et en rapport etroit avec le reseaux PEACENET et ses reseaux derives. Ce secteur a fait l'epreuve concrete de la possibilite de developpement des reseaux en ALC. Meme si ce secteur est structurallement different de ce de la recherche, par des raisons regionaleset historiques, il y heberge une prportion notable de chercheurs dans plusieur pays de la region (notamment dans le secteur des sciences sociales et de la technologie appliquee au developpement).

Secteur academique et de la recherche: la situation peut etre tres differente selon les pays. Certains pays n'y ont pas encore acces. D'autres ont connu un developpement parallele des modeles du type BITNET et du Type UUCP. Quatre pays sont arrives a avoir un niveau consistent des utilisateurs: Argentine, Bresil, Chili et Mexique, et d'autres sont en chemin d'y parvenir. Toutefois, la situation est precaire car il n'y a pas de garanties de perennite.

Le probleme ne reside pas dans l'acquisition des equipes informatiques (ordinateurs ou terminaux), ni dans la capacite technique de maniemment, mais dans les depenses necessaires en lignes de telecummunications afin de relier les utilisateurs avec son noeud et surtout, les noeuds entre eux (le cout d'une ligne internationale louee pour la transmission des donnees a 9600 bits par second est estimee en quelques milles de dollards par annee).

Au Bresil, le cout annuel des telecommunications (de quelques millions de dollards) est principalement pris en charge par l'Etat de Sao Paulo et cette participation represente un effort assez difficil pour la faire augmenter. En Argentine, le reseaux UUCP beneficie d'un acces au canal satellite de la Chancellierie, et le reseaux BITNET est relie a un noeud chilien via appels telephoniques quotidiens. Le Chili a un canal satellite vers une universite nord-americaine offert par la NASA dans le cadre d'un accord.

Il y a plusieurs initiativas afin de consolider les liens, mais jusqu'a aujourd'hui n'a decoule de tout cela une situation de stabilite et garantie pour le maintien et le developpement du reseaux.

En plus, meme si le developpement des reseaux nationaux par paquets s'est accelere dans les dernieres annees, existent dans plusieurs pays des difficultes a l'interieur de l'infrastructure de telecommunications (telephone et/ou reseau par paquets) qu'y ajoutent plus d'inestabilite.

En resume, l'impression generale c'est qu'il n'y a pas de securite dans le future des solutions a cause du manque d'un squelette de telecommunication regionale mis a disposition du monde de la recherche. Aussi il est clair que l'achat de tous les canaux de communication necessaires aux reseaux por la recherche est hors de porte de ce secteur. En outre, et comme toujours en telecommunications, le developpement des solutions sans une coordination implique un cout total bien superieur a ce que l'on pourrait obtenir a l'aide d'une methode globale (l'on peut observer que la topologie actuelle presente une proportion des liens vers les Etats-Unis tres important et une quantite des liens intra-regionaux assez basse).

Cependant, il commence a avoir des signaux qu'indiquent que la region est arrivee a un niveau de maturation dans lequel emerge le besoin d'une solution regionale integree. Temoin de cela c'est l'accroissement des initiatives et l'acceleration de la tendance des acteurs latino-americains de reseaux pour la recherche de se reunir. Il y a de la competence, conscience et volonte, ce qu'il faut c'est de trouver des budgets a l'hauteur de la tache. Si ceci n'est pas possible, on court le risque que les reseaux pour la recherche deviennent des outils a disposition des universites les plus riches, c'est-a-dire reserves a une tres faible proportion des chercheurs privilegies.

Certes, on peut argumenter que l'utilisation du courrier electronique prive (qui est relie aux reseaux pour la recherche) ou des transporteurs de donnees prives ( qui permettent d'arriver au noeud d'un PD) c'est une solution de magnitud moindre en cout que l'utilisation du telephone, fax ou telex internationaux. Mais, si l'on tient compte que, d'un cote, le chercheur des PD ne paye pas pour le service, que son institution est subvencionnee pour ses depenses de differentes fa‡ons et que, d'un autre cote,le marche du courrier electronique grand public se developpe tres lentement, il semble une aberration que le chercheur latino-americain doive fabriquer ce marche au cout reel!

LES DIFFERENCES DE L'ENTOURAGE: PD vs PVD

A continuation on essayera d'identifier les caracteristiques basiques du monde de la recherche dans les PD par rapport aux problemes des reseaux.

  1. Le chercheur, generalement, est insere dans le milieu academique.
  2. Le salaire d'un universitaire est sufisant pour lui permettre, une fois termine sa mision d'enseignement, de s'occuper de ses activites de recherche.
  3. Presque la totalite des universites offrent les caracteristiques en termes de budget, capacite d'administration, formation et deontologie pour gestionner un noeud du reseau.
  4. Le ratio chercheur par habitant varie entre 1 et 10 tous les mille habitants. L'estimation du total des chercheurs des pays de l'OCDE est superieure aux 2 millions.
  5. L'ampleur du marche informatique justifie des investissements de promotion tres importants de part des fournisseurs de biens et de services informatiques.
  6. L'utilisation des reseaux par paquets s'est developpee independamment des reseaux pour la recherche (Note: Por cette raison, il a prevalu un malentendu pour part des operateurs de la telecommunication dans plusieurs pays. Ceux-ci etaient reluctantes a imiter les operateurs du secteur informatique en offrant des prix speciaux au milieu de la recherche. Il se peut que le lent developpement des services nationaux de courrier electronique (X400) cree nouvelles conditions afin d'ameliorer les rapports entre les deux groupes.
  7. L'Administration Publique (Education et Recherche) gestionne budgets d'une magnitud telle que le poste budgetaire au titre de depenses de telecommunication est marginaux.

Apres d'essayer de verifier si ces sept affirmations sont appliquees en Amerique Latine et les Cara‹bes, le lecteur devrait accorder que, meme si la situation varie selon les pays de la region, l'entourage moyen est assez different

Cet entourage explique la validite du modele EARN/BITNET et son adaptation a la recherche dans les PD:

Les differences notables qui prevalent dans l'entourage des PVD ont besoin d'un modele different du modele EARN, un modele qui prenne en compte les facteurs suivants:

-proportion des chercheurs moindre (total inferieur a 500 dans plusieurs pays de Amerique Centrale et Cara‹bes, et un total pour l'ensemble de la region probable entre 100.000 et 200.000), -il y a une dispersion tres grande dans le monde de la recherche, l'appartenance au milieue educatif est moins systematique, -naissance recente des reseaux par paquets (il existe une conjoncture qui permet d'obtenir, de part des operateurs de la telecommunication, des prix speciaux pour le milieu de la recherche,
-difficulte pour obtenir des financiements en provenance du secteur prive ou de l'Administration Publique (alors, il reste le secteur de la cooperation internationale).

UN MODELE POUR LE DEVELOPPEMENT:

La creation d'un reseau latino-americain qui puisse servir a l'ensemble de chercheurs de la region peut se faire dans le cadre d'un projet de cooperation internationale qui capte les ressources du monde developpe. Ce modele a plusieurs implications:

  1. Les interlocuteurs doivent etre institutionnels (au niveau local, regional et international)

  2. L'economie du modele implique une concentration sur l'utilisateur final (et non pas dans les moyens techniques). Les criteres de financement tienent en compte le cout du projet par utilisateur. La haute qualite des interfaces utilisateurs et la creation des applications de valeur additionnale a l'interieur du reseaux sont primordiales pour justifier le financement.

  3. Les iniciatives qui se developpent en bas doivent etre integrees dans une vision globale et planifiee, que permette de considerer le probleme de l'adoption des normes internationales des le debut.

  4. La solution doit s'appuyer et contribuer au developpement des infrastructures de telecommunications des pays de la region. Le secteur de la recherche du milieu industriel doit etre integre dans le modele.

MODELE DE DEVELOPPEMENT:

On presentera un schema (tres simplifie) de la maniere dont on pourrait developper une solution regional definitive.

Une conference regional des secteurs de Science et Technologie et de l'Education s'organise sous le patronage des organisations de cooperation interesees. Cette conference pourrait aboutir a un accord regional lequel:

Les organismes de cooperation internationale intereses s'engagent a financer le developpement du reseau (materiel recepteur/emeteur de satellites, logiciels pour l'utilisateur final, applications pilote, terminaux, personnel de developpement et formation du personnel d'administration). A part cela aident a creer les conditions pour consolider les reseaux nationaux par paquets de la region et a acquerir canaux satellite dans le cas ou la region ne soit encore prete a les offir dans une premiere etape.

MODELE TECHNIQUE (ET VARIANTES)

On propose (encore une fois de maniere tres simplifiee) un modele technique de base, et variantes pour s'adapter a des circonstances particulieres identifiees pour une serie d'indicateurs.

Modele de base:

Une serie de variantes au modele doivent etre considerees, en tenant compte les conditions specifiques a chaque pays. Les indicateurs cles pour determiner les variantes sont les suivants: Les variantes a considerer sont les suivantes: Bien sur, ce reseau doit offrir les fonctionnalites de base de l'etat de l'art (conferences electroniques, acces aux ordinateurs eloignes, ...), se construir selon les normes internationales en vigueur, et avoir un dessin capable de s'adapter aux evolutions futures. Aussi doit s'integrer de maniere naturelle aux solutions existentes.

L'AUTEUR:

L'auteur, ne a Casablanca, Maroc, a fait des etudes de mathematique dans l'Universite de Nice (France) qui ont conclu avec un doctorat en informatique en 1975. Il a travaille pendant 12 annees comme architecte et planner de systemes de telecommunication avances (voie et data) au Centre d'Etudes et de Recherche de IBM, a La Gaude, France. En 1987 il s'est installe a
Saint Domingue (Republique
Dominicaine)
ou il exerce comme
Conseiller Scientifique
de l'Union
Latine, Organisme
interguvernamentale integree
par des pays
latino-americains et

latino-europeens. Actuellement, il coordine pour l'Union Latine, l'etude de faisabilite d'un projet de reseau pour la recherche pour l'Amerique latine et les Cara‹bes (REDALC), avec l'appui de la Communaute Europeenne et la collaboration de l'Unesco.

Les opinions exposees dans ce documents refletent les idees de l'auteur et non expressen la position officielle d'aucune des organisations cites dans la bibligraphie.