Val�ria B�tancourt
Assesseur en Politiques de
TIC en Am�rique Latine et aux Cara�bes
� la fin de l'ann�e 2002 et au d�but de 2003, des organisations membres
de l'APC en Argentine (Wamani), en �quateur (Ecuanex) et au Mexique (LaNeta) et
des organisations amies en R�publique Dominicaine (Funredes) et Bolivie (Crisbol) ont entrepris des d�marches de
consultation, de r�flexion, de d�bat et d�action autour des int�r�ts, besoins
et points de vue nationaux pour la construction et/ou le d�veloppement de ce
qu'on appelle "soci�t�s de l'information". Le pr�sent document rend
compte des aspects les plus significatifs des r�unions nationales effectu�es �
l'occasion du SMSI. Chaque pays emploie une m�thodologie diff�rente :
Wamani a effectu� des entretiens �lectroniques avec des acteurs de la soci�t�
civile, de l'enseignement et du gouvernement ; Ecuanex, CRISBOL et
Funredes ont organis� des rencontres et des ateliers multisectoriels ; de
son c�t�, LaNeta a bas� son travail sur l'examen de sources indirectes (sites
Web institutionnels, documents, initiatives, entre autres) et un forum de
discussion. Aucun des compte-rendus retranscrits ici ne pr�tend rendre compte
de l'opinion de la soci�t� civile dans son ensemble au sujet de la soci�t� de
l'information. Mais ils donnent en revanche une bonne id�e de la situation, des
tendances et des visions d'un nombre significatif d'acteurs.
"L'absence
de politique (ou celle qui consiste � ne pas en avoir) a logiquement conduit,
en d�pit de toutes les applications et programmes (de TIC et de soci�t� de
l'information) � d'importants manques et redondances".� Wamani, sur la base des enqu�tes men�es
aupr�s d'acteurs de diff�rents secteurs et de l'analyse critique sur la
situation des politiques et programmes de TIC et de la soci�t� de l'information,
arrive � des conclusions int�ressantes : la politique technologique reste
�troitement li�e � la politique g�n�rale de l'�tat argentin. Politique g�n�rale
qui, au cours des derni�res ann�es, a d�bouch� sur un s�v�re d�membrement du
contrat social et un accroissement des indicateurs de pauvret�. Cependant, la
d�finition de politiques de TIC et de la soci�t� de l'information passe
n�cessairement par la red�finition des r�gles politiques et �conomiques
g�n�rales de l'�tat, dans la perspective d'int�grer les diff�rents acteurs, en
particulier ceux qui sont traditionnellement oubli�s : le secteur de
l'enseignement et le secteur associatif. Sur la question du SMSI, la demande
sp�cifique des ONG porte sur la mise en place de m�canismes virtuels pour
stimuler la participation des OSC.
Rapport
complet sur : http://lac.derechos.apc.org/wsis/cdocs.shtml?x=9112
La
Bolivie relance un d�bat n�cessaire et urgent. Des ann�es d'exp�riences riches
et concr�tes en mati�re de communication alimentent la discussion et ouvrent le
chemin qui permettra � ce pays d'apporter une contribution substantielle sur la
sc�ne continentale. La plate-forme CRIS Bolivia, manifestation nationale de la
Campagne Mondiale CRIS pour les "Droits de la Communication dans la
soci�t� de l'information", a organis� deux rencontres nationales (le 2
octobre 2002 et le 22 janvier 2003) sur le th�me de la d�finition collective
des orientations de la soci�t� de l'information et de la communication en
Bolivie. L'un des succ�s les plus significatifs de ce travail est d'avoir
d�bouch� sur des accords et consensus avec le gouvernement sur des sujets et
aspects clefs de la soci�t� de l'information. Cet accord a servi de base pour
d�finir la position bolivienne au sein de la Conf�rence R�gionale de l'Am�rique
Latine et des Cara�bes pour le SMSI. Voici la liste des points de consensus :
�
La soci�t� de l'information et de la
communication doit avoir pour point de d�part la communication comme Droit
Humain Universel.
�
La conception et la mise en �uvre des strat�gies
g�n�rales et sp�cifiques rel�vent de la responsabilit� partag�e de l'�tat, du
secteur priv� et de la soci�t� civile.
�
Les moyens de communication et d'information
doivent �tre mis au service du renforcement des identit�s et capacit�s locales
(rurales, p�riurbaines et urbaines), d'un d�veloppement humain participatif,
durable et p�renne. Ils doivent viser l'int�gration de toutes les r�gions. Pour
cette raison, le choix des supports technologiques doit �tre fait en fonction
des besoins locaux et r�gionaux.
�
La mise en place de nouvelles technologies de
l'information au service du d�veloppement humain durable, doit s'effectuer en
tenant compte des cinq crit�res suivants : appropriation par la
communaut�, production de contenus locaux, utilisation et application de
technologies adapt�es, convergence des technologies nouvelles et
traditionnelles et compatibilit� avec les langues et cultures.
�
Les supports technologiques doivent englober
tous ceux qui jouent un r�le positif dans la satisfaction des besoins de la
soci�t� en termes de communication et d�information : radio, t�l�phonie
rurale, t�l�vision, vid�o, satellite, etc.
�
En dehors de l'importance que l'on doit accorder
� la formation � l'usage des supports technologiques, il est fondamental de
dispenser une formation permettant l'appropriation et l'interpr�tation des
contenus de communication et d'information qui tienne compte des m�canismes de
d�veloppement humain participatif, durable et
p�renne.
�
La mise en place de processus de viabilit� �conomique
rel�ve de la responsabilit� conjointe de tous les secteurs (�tat, secteur priv�
et soci�t� civile). La destination et l'utilisation des fonds doivent �tre
transparentes et impliquer les secteurs susmentionn�s, selon des strat�gies �
court, moyen et long termes ayant fait l'objet d'une �laboration participative.
Il n'a
pas �t� possible d'obtenir l'accord du Gouvernement sur le point suivant :
�
En se dotant d'un cadre l�gal adapt�, l'�tat
doit garantir � tous les secteurs de la soci�t� le droit � la communication.
Ceci implique de promouvoir l'acc�s et l'utilisation de contenus et moyens de
communication et d'information. Ceci suppose en outre de l�gif�rer sur la
production et la propri�t� des contenus et supports pour les doter de crit�res
de repr�sentativit� et de pluralit�.
Rapport
complet sur : http://lac.derechos.apc.org/wsis/cdocs.shtml?x=9827
En
janvier 2003, Funredes a pris l'initiative d'une r�union d'information/r�flexion
pour la soci�t� civile latino-am�ricaine sur les enjeux nationaux en rapport
avec le SMSI. Cette r�union avait pour but d'informer et d'alerter les actrices
et acteurs de la soci�t� civile dominicaine sur les cons�quences des changements
soci�taux en cours, par rapport aux technologies de l'information et de la communication et aux travaux de
pr�paration au SMSI de cette ann�e (2003).
Il est
ressorti de cette r�union qu'il existe, au niveau du secteur public, une
volont� d'int�grer comme un sujet prioritaire au calendrier national, le th�me
de la soci�t� de l'information. Une s�rie d'initiatives et de programmes en
relation avec les TIC et la soci�t� de l'information est en cours. Cependant,
ces mesures ne visent, pour l'essentiel, qu'� garantir l'acc�s et
l'infrastructure. Il y manque la prise en compte des aspects m�thodologiques
pour l'ex�cution des programmes, une conception de l'appropriation strat�gique
des TIC comme outil de d�veloppement, la formation orient�e vers la production
de contenus.
En ce
qui concerne le degr� d'implication et de compr�hension des Organisations de la
Soci�t� Civile sur les aspects en rapport avec les TIC et la soci�t� de
l'information, il appara�t qu'elles ne les ont pas int�gr�s dans leurs agendas
collectifs. Pour cette raison, un travail soutenu et en profondeur doit �tre
men� afin de susciter une participation proactive. OSC et ONG ont constitu� au
fil des ans un important potentiel, par leur longue exp�rience dans le domaine
des TIC et sur le th�me de la soci�t� de l'information. Ce potentiel peut leur
permettre de se placer en pointe dans le d�veloppement de d�marches
d'information, de formation, de promotion de la participation active et en tant
que force de proposition de la part de la soci�t� civile.
Des
conclusions suppl�mentaires mettent l'accent sur l'importance d'utiliser le
terme, soci�t�s de l'information dans le "sens o� chaque soci�t�
devra en construire une qui corresponde v�ritablement
� sa r�alit� socio-�conomique, politique et culturelle et la projeter en
fonction de ses id�aux de d�veloppement et d'�volution humaine int�grale".
En ce qui concerne les d�fis de soci�t� en jeu pour la construction des
soci�t�s de l'information, l'acc�s, les contenus et applications, en lien avec
la formation � l'utilisation des outils des TIC et la compr�hension du
ph�nom�ne actuel, ses implications et enjeux aux niveaux social, �conomique,
politique et culturel, se fait jour la n�cessit� de situer le th�me de la
fracture digitale dans sa juste dimension, c'est � dire comme cons�quence et
reflet des foss�s sociaux structurels existants et donc, comme �tant
subordonn�e � ceux-ci. En relation �troite avec ce sujet, on trouve celui de
l'int�gration digitale et de la n�cessit� de d�velopper la culture de r�seau, dans
la perspective d'assurer une "participation r�elle et effective � travers
des processus ouverts, transparents et pluriels, o� la d�mocratie et le respect
de la diversit� ne soit pas une mode mais corresponde � la pratique de la
majorit�".
Lorsque
l'on parle de soci�t�s de l'information, on fait r�f�rence aux nouveaux
paradigmes et mod�les, aux nouvelles et diff�rentes formes d'organisation
sociale, d'appropriation des technologies et de leur impact sur les relations
sociales. Pour cette raison, on parle de "culture, langue, �ducation et
renforcement de groupes sociaux". La relation intrins�que entre le social
et le technologique exige que l'on ajoute du sens � l'utilisation des outils
technologiques.
La
participation coordonn�e des diff�rents acteurs sociaux et la reconnaissance de
la contribution que chacun d'entre eux peut apporter est d�terminante pour la
construction de soci�t�s de l'information. La soci�t� civile doit fabriquer des
m�canismes qui lui permettent de s'organiser afin d'�tre partie prenante du
processus de d�finition et de d�veloppement des soci�t�s de l'information. Pour
atteindre ces objectifs, il est n�cessaire d'avoir une bonne vision des
avantages et potentialit�s que rec�lent les TIC, afin d'am�liorer et augmenter
la qualit� de vie des citoyens et montrer dans quelle mesure elles peuvent
faire contre-poids aux priorit�s inscrites dans les calendriers des OSC,
lesquelles se focalisent sur la r�duction de la pauvret� et la satisfaction des
besoins de base.
La
r�union et les ateliers, ainsi que les propositions qui en sont ressorties
�promotion, stimulation et poursuite de la r�flexion et de l'action� co�ncident
sur l'id�e de renforcer les "potentiels des OSC dominicaines pour qu'elles
soient en mesure de participer pro-activement � la construction d'une soci�t�
de l'information qui r�ponde, sur des crit�res culturels, sociaux et
�conomiques, aux int�r�ts de la soci�t� dominicaine".
Rapport
complet sur : http://lac.derechos.apc.org/wsis/cdocs.shtml?x=9826
"Avec
une longue exp�rience, tant dans le domaine des nouvelles technologies que de
l'organisation, diff�rents organismes civils mexicains se joignent � l'analyse
et � la discussion autour de la communication, ses moyens, la normativit�,
l'acc�s, la vie priv�e et autres sujets qui rel�vent du cadre du Sommet Mondial
sur la Soci�t� de l'Information. Dans ce sens, depuis novembre 2002,
diff�rentes organisations mexicaines se sont mises d'accord pour mettre en
place un espace d'appui au mouvement civil mexicain, en vue de s'informer et
d'assurer une participation strat�gique en diff�rents points du calendrier de
l'information et de la communication du Mexique". Le rapprochement des OSC
et ONG se fait �galement autour du d�bat sur la soci�t� de l'information, la
communication, sa nature et son d�veloppement, et s'appuie sur leur exp�rience
dans l'utilisation et la promotion des TIC, employ�es pour le renforcement des
processus d'organisation/collaboration et la recherche de m�canismes
d'�largissement de la d�mocratie.
"Depuis
r�cemment, diff�rentes organisations civiles s'organisent en fonction de leur
vocation de d�fense des droits � la communication. On constate �galement que de
plus en plus d'organisations mexicaines des Droits de l'Homme inscrivent � leur
agenda de travail des th�mes li�s au droit � la communication et � la
d�mocratisation de l'information. Des organisations qui travaillent
quotidiennement avec ces milieux formulent des propositions concernant le droit
� la communication et l'on peut dire que, dans ce sens, elles �uvrent
effectivement dans le cadre de la soci�t� de l'information et de la
communication".
En
d�pit de progr�s significatifs, il est n�cessaire d'�largir la participation et
de porter le d�bat vers d'autres groupes de la soci�t� civile, comme les
indig�nes, les syndicats, les organisations paysannes, les jeunes, les femmes,
l'enseignement, entre autres.
L'un
des aspects d�terminants pour le d�veloppement des soci�t�s de l'information
r�side dans la d�fense et la promotion de la capacit� d'autod�termination des
peuples : "que les communaut�s elles-m�mes participent directement �
la d�finition des projets qui les int�grent en tant qu'acteurs des soci�t�s de
l'information et de la connaissance". Dans ce sens, la participation
active des communaut�s, peuples et autres acteurs sociaux � la conception,
formulation, suivi et �valuation des politiques publiques de TIC et de la
soci�t� de l'information est vue comme indispensable. De plus, on a fait ressortir
nettement l'importance de susciter et d'�tablir des consensus et canaux de
communication entre le gouvernement et les OSC mexicaines.
Le
rapport mexicain brosse un panorama exhaustif des diff�rentes initiatives et
actions des secteurs gouvernemental, acad�mico-�ducatif et civil en rapport
avec les TIC et la soci�t� de l'information.
Rapport
complet sur : http://lac.derechos.apc.org/wsis/cdocs.shtml?x=11731
Dans
le cas de l'�quateur, il est n�cessaire de d�finir une strat�gie de discussion
approfondie sur les th�mes prioritaires ressortissant � la soci�t� de
l'information et au droit � la communication ; une r�flexion qui porte non
seulement sur l'aspect acad�mique mais aussi sur le changement social. Ceci
concerne l'ensemble des institutions, sans oublier le lien entre communication
et participation citoyenne. Le d�fi est de susciter un d�bat social d'ampleur
nationale sur ces aspects. La reconfiguration de l'espace politique au sein du
nouveau gouvernement �quatorien, auquel participent des groupes indig�nes et
quelques mouvements sociaux, offre une possibilit� d'ouverture pour la
construction de m�canismes d'action r�elle de la soci�t� civile dans les
politiques publiques de TIC et de la soci�t� de l'information.
Les
ateliers nationaux ont fourni une opportunit� d'approche des th�mes
prioritaires de la soci�t� de l'information, l'analyse de ses tendances ainsi
que l'�change d'informations sur les exp�riences de communication et
d'utilisation et promotion des TIC par les organisations de la soci�t� civile.
L'une des conclusions qui a rencontr� le plus d'�chos est celle qu'il faut
stimuler et amplifier le d�bat sur les droits existants en mati�re de communication
et leur exercice pratique et y englober une r�flexion sur le droit � la
communication en g�n�ral et sa formulation. De la m�me mani�re, il faut
concevoir des strat�gies pour une r�flexion, un d�bat et une construction
collective permanents de la soci�t� de l'information.