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TRAVAILLER L’INTERNET AVEC UNE VISION SOCIALE |
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| Auteur: Collectif |
Date de publication: 11/2002 |
Contenu |
| Mots clef: |
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| Localisation: Cyberotheque > Thematique > fra_doc_olist2.html |
Documents
connexes: doc-ino, doc-cv, doc-sam, doc-coord, doc-final, doc-olis |
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TRAVAILLER L’INTERNET
Septembre 2002 Document final
CONTEXTE Ce document a été réalisé collectivement
(cf. chapitre “processus”) pour servir de base à plusieurs activités
liées aux projets Mistica[3] et Olistica que la Fondation
réseaux et développement (FUNREDES[4]) coordonne. Il sert plus particulièrement de base à
une observation alternative de l’impact social des TIC en Amérique latine et aux
Caraïbes. Une telle observation doit être inspirée des principes de
ce que l’on appelle “Isticometrie”[5],
qui établissent que les indicateurs doivent être développés dans le
cadre de processus de participation, pour que les priorités de développement
établies par les communautés puissent être véhiculées et que les
indicateurs correspondant à la pertinence sociale des phénomènes
auxquels ils sont imputés soient élaborés, pertinence qui ne peut pas
être abandonnée aux pré-conceptions des élites ou acteurs dominants.
À l’avenir, l’objectif est que les sociétés, acteurs/actrices et
plus particulièrement les personnes devant profiter de leurs bénéfices
participent au processus de formulation des politiques publiques.
Ce document prétend donc façonner, dans
des termes accessibles aux non spécialistes en la matière, la vision
de l’Internet comme un outil de développement social qu’un groupe
de personnes (académiques et acteurs/actrices de terrain) ont conceptualisé
lors d’échanges virtuels, depuis 1999. La portée de ce document
devrait logiquement aller au-delà des projets mentionnés et pourrait
représenter un apport de notre région au débat international sur la
Société de l’information. ANTÉCÉDENTS Le projet Mistica a donné naissance aux deux documents collectifs précédents
sur la même thématique, mais avec des approches distinctes :
À cette liste, il faut ajouter un document qui n’a pas encore vu le jour
collectivement et qui ne fait pas partie des réalisations du projet
Mistica, mais qui a cependant été le fruit de nombreuses consultations
et qui reflète en grande partie les réflexions de la communauté
virtuelle Mistica :
De même, il existe d’autres documents régionaux visant un avenir proche,
qui sont directement ou indirectement le fruit de la réflexion
collective dans d’autres espaces :
Cet ensemble de documents, qui inclue également le présent document, est
une production originale et propre à la région de l’Amérique
latine et des Caraïbes sur les thématiques de la Société de
l’information. PROCESSUS Le processus visant à rendre le présent document collectif a été systématisé
par Kemly Camacho, de la
Fondation Acceso[13], comme suit : - elle a rédigé une proposition initiale qui tentait de définir le
contenu consensuel des échanges de la Communauté virtuelle (CV)
MISTICA des derniers mois ; - cette proposition initiale a été discutée au sein du groupe de
coordination du projet OLISTICA[14]; - une deuxième version[15], qui intégrait les
commentaires du groupe de coordination, a été produite ; - ensuite, le document à été discuté à nouveau[16]
au sein de la CV Mistica, suivant un ordre de discussion s’étalant
sur plusieurs semaines ; - enfin, les commentaires reçus ont été intégrés dans ce document pour
faire une avant-dernière version ;
- cette version a été, à son tour, révisée par le groupe de
coordination et finalisée par le responsable du projet, Daniel
Pimienta, avant d’être présentée à la CV qui a pu vérifier si ses
commentaires avaient été dûment inclus et ainsi déclarer ce document
comme définitif. Avec ce processus, on réussit à obtenir un document qui reflète de manière
consensuelle et dans les grandes lignes les travaux préliminaires du
collectif Mistica ; cependant, il faut préciser qu’il ne s’agit pas
d’un document endossé formellement par chacun des participants de la
CV MISTICA. Les commentaires finaux, qui ouvrent encore plus les perspectives de ce
document, sont regroupés dans la liste des courriers qui débute à
l’adresse suivante : http://funredes.org/mistica/castellano/emec/produccion/memoria6/1326.html. INTRODUCTION Depuis quelques temps[17], dans la communauté
virtuelle Mística, formée par des latino-américain(e)s et des Caribéen(ne)s,
nous développons un processus de réflexion sur le thème de la brèche
digitale, la Société de l’information et de la connaissance et
l’impact social de l’Internet. Sous le terme de “Vision sociale de
l’Internet”, nous réfléchissons, entreprenons et faisons la
promotion des actions où l’on approfondit la compréhension des
effets et impacts de cette technologie en s’insérant dans nos sociétés
et où l’on fait la promotion d’une appropriation sociale de
l’Internet. Les principes majeurs que nous, qui avons fait ces
propositions, partageons sont présentées ci-après. 1.
L’INTERNET[18]
EST UN SUJET SOCIAL, PAS SEULEMENT TECHNIQUE OU COMMERCIAL. Nous ne considérons pas le réseau des réseaux seulement comme une
plate-forme technologique. Nous préférons le voir comme un nouvel
espace d’interaction entre les êtres humains, que nous avons créé
nous-mêmes pour notre bénéfice.
Cet espace se transforme par la même
interaction que nous sommes en train de développer. Ainsi, nous considérons
que cette technologie doit être vue, analysée, manipulée, étudiée
et utilisée d’un point de vue social, en essayant de comprendre les
nouveaux types de relations qui s’établissent dans le cadre de cet
espace, les nouveaux processus sociaux qu’il génère, les
transformations culturelles qu’il produit, les nouvelles visions du
monde qui se construisent, les nouvelles relations économiques qui s’établissent. L’Internet ne
doit pas seulement être considéré comme le réseau des réseaux,
d’un point de vue technique, c’est-à-dire des machines interconnectées.
L’Internet doit être considéré comme le réseau des réseaux
humains reliés les uns aux autres et où les ordinateurs ne sont que la
plate-forme technologique qui permet de médiatiser[19]
ces relations. Il est clair que le fait qu’il
se base sur une plate-forme technologique d’ordinateurs interreliés
fait que ce réseau de réseaux humains fonctionne avec des caractéristiques
nouvelles et particulières. Les relations passant par la plate-forme
technologique, les communications se modifient sur la forme et le fond.
D’autre part, nous pensons
qu’il est important que l’Internet ne soit pas seulement considéré
comme un outil pour la réalisation de nouvelles formes d’échanges
commerciaux –auxquels, aujourd’hui, le secteur privé donne priorité,
encourage et appuie– mais aussi comme un moyen de promouvoir la
dynamisation des structures et relations économiques, politiques et
sociales alternatives aux traditionnelles. Poussé par les forces du
marché, l’Internet reproduira et augmentera les différences sociales
existantes. La société civile a un rôle
fondamental à jouer dans la définition des nouveaux types de relations
et de constructions sociales qui devraient se développer à partir de
l’incorporation des technologies de l’information et de la
communication. Il ne s’agit pas seulement d’un sujet propre aux
gouvernements et aux entreprises. 2.
NOUS INCITONS L’ÉGALITÉ DES POSSIBILITÉS D’ACCÈS, L’USAGE AVEC SENS
ET L’APPROPRIATION SOCIALE DE L’INTERNET. Pour l’analyse, la conduite des actions et l’élaboration de
propositions liées à cette technologie, nous utilisons les catégories
d’égalité des possibilités d’accès, d’usage avec sens et
d’appropriation sociale de l’Internet. Nous considérons que la simultanéité des
trois aspects est importante pour atteindre un impact social positif
lors de l’introduction de l’Internet dans nos pays. Par accès à égalité des
chances, nous entendons que toutes les personnes puissent avoir accès
aux bénéfices de l’Internet. Dans cette catégorie, nous intégrons
aussi bien l’accès à la technologie que le développement des
capacités techniques et méthodologiques pour faire un usage effectif
des potentialités qu’elle offre. Les obstacles à l’accès équitable
ne sont pas seulement techniques et financiers mais aussi éducatifs,
linguistiques et culturels. Dans ce sens, nous nous préoccupons
également de la recherche d’alternatives de connexion et de formation
gratuites ou à faibles coûts et, pour les politiques, de la prise de décisions
et de la gouvernance de l’Internet. Nous souhaitons nous impliquer
dans la définition des politiques touchant aux domaines, aux coûts des
espaces sur l’Internet et aux aspects juridiques relatifs à cette
technologie, afin que nos visions et intérêts soient pris en compte. Il existe une différence entre l’usage
et l’usage avec sens de cet outil technologique. Nous
encourageons les actions qui favorisent l’usage qui relie les nécessités
des différents groupes sociaux et la recherche d’alternatives pour
les résoudre en utilisant l’Internet. Nous insistons sur l’appropriation
sociale de l’Internet, afin que cet outil acquiert un sens dans la
vie quotidienne des groupes sociaux et devienne un outil pour la création
de nouveaux savoirs qui leur permet de transformer les réalités dans
lesquelles ils sont intégrés.
3.
NOTRE INTENTION FINALE EST LA TRANSFORMATION DES SOCIÉTÉS. Nous qui étudions, cherchons, évaluons
et encourageons des actions liées à cette technologie avec une vision
sociale, nous déclarons
explicitement que nous nous proposons d’utiliser cette technologie
comme un outil pour transformer les sociétés. Pour cela, nous cherchons à
découvrir et à favoriser des actions pour que cette technologie
contribue à la construction de nouvelles sociétés guidées par des
valeurs communes telles que des relations plus équitables, moins
discriminatoires et favorisant l’égalité des chances. En outre, à partir de chacune de
nos spécificités, nous insistons sur notre engagement de promouvoir
des actions qui rapprochent les opportunités d’accéder à
l’Internet des groupes les moins privilégiés de nos sociétés. 4.
NOUS CONSIDÉRONS L’INTERNET COMME UNE OPPORTUNITÉ,
MAIS NE MAGNIFIONS PAS CET OUTIL TECHNOLOGIQUE. Pour profiter de cette
technologie comme un outil de développement social, des processus
permettant aux populations, organisations et pays de s’approprier
cette technologie doivent exister, afin que l’Internet fasse partie et
ait un sens dans leur vie quotidienne. C’est-à-dire, qu’il ait un
sens pour permettre d’améliorer les conditions de vie, qu’il soit
quelque chose de proche et de pertinent pour transformer les relations
sociales, économiques et politiques existantes. Nous devons insister sur le changement du
sens des actions liées à l’Internet qui sont encouragées. Celles-ci
donnent priorité à l’installation de connexions et d’équipements
puis se demandent ensuite à quoi elles peuvent servir. Nous appelons à
la réflexion initiale conjointe sur les principaux problèmes et
besoins existants, comment l’Internet peut contribuer à les résoudre
et décider ensuite si l’on procède aux installations d’équipements
et de connexions, comment et où. L’Internet est une vitrine
ouverte, dont nous, les organisations, communautés, personnes et pays
qui aspirons à améliorer les conditions de vie des populations moins
favorisées, pouvons encore profiter. Mais nous sommes aussi conscients
que les espaces qui nous permettent de profiter de l’Internet pour
transformer les sociétés diminuent ou augmentent en fonction des
actions que nous entreprendrons prochainement. Dans ce sens, l’Internet doit répondre
à une stratégie de communication et d’information que nous, qui
souhaitons améliorer les sociétés dans lesquelles nous vivons,
adoptons. 5.
LE CONCEPT DE BRÈCHE DIGITALE DOIT ÊTRE ABORDÉ DE MANIÈRE COLLECTIVE,
ET NON INDIVIDUELLE. La brèche digitale est un produit de la brèche sociale. Premièrement, nous considérons
que la brèche digitale n’existe pas en soi mais qu’elle est le
fruit des brèches sociales. C’est-à-dire, que ce sont les différences
sociales, politiques et économiques pré-existantes, la distribution du
pouvoir et les ressources qui la provoquent. La brèche digitale ne fait pas seulement face aux machines connectées. Affronter
la brèche digitale implique non seulement de disposer d’ordinateurs
mais aussi de développer les capacités nécessaires pour que la
population puisse profiter de cet outil technologique au bénéfice du développement
politique, social et économique. Ceci signifie, outre de pouvoir accéder à
des ordinateurs connectés, améliorer son auto-estime personnelle, son
organisation communautaire, son niveau d’éducation, sa capacité
d’interaction avec d’autres personnes et groupes, son niveau
d’appropriation pour pouvoir, entre autres, faire des propositions. Dépasser
la brèche digitale signifie que les groupes avec lesquels nous
travaillons auront la capacité suffisante pour pouvoir profiter de
cette technologie pour améliorer leurs propres conditions de vie et
celles de leur entourage. En résumé, la brèche digitale ne soit
pas seulement être mesurée en fonction de l’infrastructure (par
exemple, selon le nombre de machines connectées), mais aussi en
fonction de la capacité que nous aurons développé pour transformer
l’information disponible et les relations existantes sur l’Internet
en matière de savoirs dont nous pourrions profiter pour améliorer nos
conditions de vie et nos relations d’appui mutuel. Le dépassement de la brèche digitale est un sujet collectif, pas
individuel. C’est
pour cela que nous n’acceptons pas l’idée d’établir la mesure de
la brèche digitale de manière individuelle. La mesure de la brèche
digitale la plus courante se fait en fonction du rapport nombre
d’habitants/nombre de machines connectées. Nous encourageons l’idée
de mieux valoriser l’option collective. Dans ce sens, nous considérons
que les bénéfices de l’Internet ne viennent pas de la connexion mais
des effets qu’elle produit. À savoir, que nous pourrons parler de réduction
de la brèche digitale si les bénéfices de cet outil profitent à une
communauté entière, même si cette dernière a peu ou pas de machines
connectées. Quand nous parlons de dépasser la brèche digitale, nous
parlons de communautés, d’organisations ou de familles bénéficiant
de l’Internet même si elles ne sont pas directement connectées, et
pas de la relation un-un, individu-machine. Par
exemple, si dans une communauté, un groupe de jeunes gens qui ont accès
à l’Internet dans leur collège (et pas dans leur communauté), découvrent
par le biais de cet outil une nouvelle manière de convertir l’eau du
fleuve en eau potable ; ils discutent de cette information avec les
adultes, l’adaptent à leurs conditions de vie, réalisent un projet
similaire adapté à leurs besoins et à leurs visions du monde et
parviennent, entre tous/toutes, à obtenir de l’eau potable à partir
de la source du fleuve. Si cela sert d’exemple et si de telles actions
continuent à voir le jour, cette communauté tirera les bénéfices de
l’Internet. Nous parlerons alors d’actions permettant de réduire la
brèche digitale dans cette communauté, bien que seul un groupe de
jeunes gens ait eu accès à l’Internet et qu’aucune machine ne soit
connectée dans cette communauté. Nous croyons que la brèche
digitale doit être valorisée sur la base des bénéfices que les
populations peuvent ou non tirer de l’Internet et nous pensons que
l’on ne peut atteindre un tel objectif avec une seule connexion. Évidemment,
ces processus sont plus agiles s’il y a des connexions dans la
communauté, mais la simple connexion ne fera pas la différence. Ainsi, nous encourageons les
actions qui réduisent la brèche digitale en permettant aux populations
de tirer profit de l’Internet collectivement, et pas seulement les
actions qui visent la connexion de tous/toutes à l’Internet. Nous
pensons que les efforts et ressources visant à réduire la brèche
digitale ne doivent pas être centrés sur les machines mais sur les
procédés communautaires, d’organisation et nationaux qui permettront
à la majorité de la population de tirer profit de la
technologie. 6. L’INTERNET REFLÈTE LES BRÈCHES
SOCIALES DE NOS SOCIÉTÉS, IL DÉPEND DE NOUS DE PROFITER ET DE DÉFENDRE
LES ESPACES OUVERTS EXISTANTS. Nous savons qu’il existe des différences sur l’Internet. Nous n’avons
pas tous/toutes les mêmes possibilités d’accéder à ce qui se
trouve sur le réseau, la même facilité pour visualiser ce que nous
produisons, ni les mêmes ressources technologiques et équipements pour
profiter de cet outil. Ces différences sont liées aux coûts et à la
connaissance de la technologie. Nous sommes préoccupés par
cette tendance, bien que nous pensions qu’il y ait encore un grand
nombre d’espaces ouverts. Nous travaillons pour encourager des actions
qui réduisent le risque que l’Internet devienne un outil
principalement utilisé en fonction des ressources économiques de
chacun. Nous cherchons à ce que ceux qui ont le moins de chances d’être écoutés dans nos sociétés puissent trouver dans cet outil un espace pour se faire entendre, interagir et s’organiser avec d’autres personnes et un lieu où ils pourront trouver des informations qui les aident à trouver des solutions et à assouvir leurs besoins. 7. L’INTERNET PEUT RENFORCER LA
PUISSANCE DES PROCESSUS DE DÉVELOPPEMENT HUMAIN DEJÀ EXISTANTS. L’Internet est surtout un outil
capable de créer et de renforcer les réseaux humains. Son introduction
permet de créer un nouveau réseau social que nous avons besoin de
comprendre et de nous approprier. L’Internet est un outil qui
peut faciliter, améliorer, accélérer les processus qui se développent
dans les pays, communautés, organisations et régions et qui tendent à
améliorer les conditions de vie de la majorité des habitants. Par conséquent, nous
encourageons les actions qui intègrent l’Internet dans les pratiques
sociales et les initiatives d’organisation qui existent déjà, qui
tendent à améliorer les conditions de vie des moins favorisés et qui
encouragent le développement de vastes processus de participation. 8. L’INTERNET FOURNIT DE L’INFORMATION, ET NON DU SAVOIR. Nous croyons que l’Internet est une source interminable d’informations,
mais il ne nous fournit pas de savoir. Le savoir, nous le produisons
individuellement ou collectivement en assimilant l’information, en y réfléchissant,
en l’adaptant à nos expériences, besoins, conditions, visions du
monde et en la discutant avec d’autres, concrètement ou
virtuellement. La production de savoir implique
de développer la “façon de penser”, ce qui est une action
essentiellement humaine. L’Internet nous aide dans la mise en place de
ce processus, étant donné que nous y trouvons des expériences
similaires, des leçons tirées, de nouvelles idées, nous recevons des
soutiens, nous élargissons nos visions, nous discutons beaucoup avec
des personnes et groupes originaires du monde entier. Mais le processus de création de savoirs
naît hors de l’Internet. Nous pensons qu’il faut dépasser
le mythe selon lequel l’information est le savoir et que, par conséquent,
le seul fait d’être connecté à l’Internet permet d’augmenter
son savoir. 9.
LA CRÉATION DE NOUVEAUX SAVOIRS EST UN MOTEUR DU
CHANGEMENT QUE L’INTERNET PEUT RENFORCER, MAIS IL FAUT TROUVER
COMMENT LE CONSUMER ? La création de nouveaux savoirs
en incorporant l’Internet comme un outil d’information et de
communication n’est pas un processus simple. Il est indispensable de
trouver les nouveaux talents, les nouvelles capacités, la variation des
processus de travail, les nouveaux profils éducatifs qui nous
permettront de mieux profiter de cet outil pour la création des
savoirs. Si nous réalisons ces réflexions,
nous courons le risque de rester avec beaucoup d’informations, sans
les changements rencontrés et paralysés par la quantité ingérable de
données. La construction de savoirs qui propose de
nouvelles solutions aux besoins, qui améliore les façons de faire les
choses et qui propose des alternatives aux problèmes, sera un moteur de
la transformation des sociétés. Mais apprendre à le faire n’est pas
un processus spontané ; par conséquent, nous essayons d’encourager
des études et recherches qui insistent sur la découverte de ces
nouvelles façons de faire les choses et sur la promotion de cette idée
dans les agences internationales, les gouvernements nationaux et les
communautés. La découverte de ces nouvelles
façons de faire les choses doit être menée en collaboration avec les
acteurs/actrices sociaux afin que la construction tienne compte des différentes
visions du monde et stimule le processus d’appropriation de l’outil
technologique. Il est important que l’Internet devienne
un outil utile pour que les groupes sociaux les moins favorisés créent
de nouveaux savoirs qui leur permettent d’améliorer leurs conditions
de vie et de transformer les sociétés dans lesquelles ils
vivent. 10.
L’IMPACT DE L’INTERNET RÉSIDE DANS LE CHANGEMENT
QU’IL GÉNÈRE. En suivant cette ligne de pensée,
quand on parle de l’impact de l’Internet, nous essayons de
comprendre comment l’Internet a transformé le quotidien des personnes
dans leur vie personnelle, leur activité professionnelle, leurs
relations interpersonnelles, au niveau de leur organisation et de leur
citoyenneté. Quand nous parlons de valoriser l’impact, nous essayons de découvrir dans
quelle mesure l’Internet transforme les réalités de groupes et
personnelles de ceux qui, comme nous, faisons partie des sociétés. Nous insistons sur le nombre de
machines, les vitesses de connexion, la quantité de messages, etc. Il
s’agit, pour nous, d’éléments qui nous permettent de comprendre le
contexte dans lequel nous évoluons. Nous tentons d’aller au-delà de
l’apparent pour comprendre le substantiel, ce qui restera de cette
transformation. 11.
NOUS SOMMES PRÉOCCUPÉS PAR LE FAIT QUE L’INTRODUCTION DES TIC
ENGENDRE DES TRANFORMATIONS SOCIÉTALES QUI ENTRAÎNENT DES
CHANGEMENTS SOCIAUX POSITIFS POUR NOTRE RÉGION. Nous veillons à assurer la
construction d’une nouvelle Société de l’information et de la
connaissance. Nous faisons attention à ne pas répéter un slogan. Nous
pensons que toutes les sociétés ont eu leurs propres façons de générer
le savoir et que ce dernier est lié au contexte culturel. Nous observons avec attention quelles sont les modifications des structures
sociales, politiques et économiques qui se produisent pour pouvoir
assurer que les structures existantes ne se renforcent pas plus et que
la transformation est substantielle. En outre, nous ne considérons pas qu’actuellement, l’Internet soit l’unique facteur de transformation des sociétés. Nous avons un point de vue intégral et critique, où les nombreux facteurs et dynamiques qui transforment en permanence ces sociétés sont analysés. 12. ON PEUT AUSSI VIVRE SANS
L’INTERNET. Nous pensons que l’Internet
peut aussi avoir des conséquences néfastes sur la vie personnelle,
d’organisation et sociale. Souvent, ce qui voyage dans ce milieu est
plus quantitatif que qualitatif. L’Internet peut engendrer des
surcharges de travail, une saturation, un obstacle au contact personnel,
des sentiments d’immédiateté, une diminution des espaces de lecture,
de réflexion et de loisirs. Il est également possible de
vivre sans l’Internet malgré les pressions du contexte qui incitent
toutes les personnes, organisations et institutions à se connecter. Néanmoins,
cette décision doit se faire en connaissance de cause, à savoir, après
avoir eu l’opportunité de connaître la dynamique que l’Internet
implique. 13. CONSIDÉRATIONS POUR DÉTERMINER
L’APPROPRIATION SOCIALE DE L’INTERNET DANS NOS ACTIONS ET
PROJETS. À partir des positions exposées ci-dessus et en guise de résumé,
nous proposons ci-dessous une série de questions qui nous permettront
d’étudier les différentes propositions et actions qui se développent
par rapport à l’introduction de l’Internet dans nos pays et
populations.
[1] Carnet d’adresses de la CV Mistica : http://funredes.org/mistica/castellano/emec/participantes/ [17] Desde febrero del 1999 cuando se iniciaron las discussiones en la CV MISTICA. [18] “Internet” est un protocole (TCP-IP) qui permet à des ordinateurs d’entrer en communication. “L’Internet” est un réseau qui permet à des personnes de communiquer et de s’informer grâce à l’usage de machines et de protocoles. Aussi, nous préférons utiliser l’expression “l’Internet”, qui se réfère au réseau humain plutôt qu’à la technologie. [19]
Et dans de nombreux cas, dû à ses limitations d’interface, “immédiatiser”...
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Dernière modification : 21/11/2002 |